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« Les rencontres d'Assise trente ans plus tard »

 

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Chapelle de Trappe ; Notre-Dame des Neiges - Saint Laurent les Bains en Ardèche

 

“L'Esprit de Jésus de Nazareth était-il présent à Assise le 27 octobre 1986, sur les terres de François ? ”

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(page 32. bis de « Paix aux hommes de bonne volonté » “Les grandes religions au rendez-vous d'Assise – 27 octobre 1986”  édi. Centurion © 1986)

 

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http://www.babelio.com/livres/Le-Goff-Saint-Francois-dassise/64296/critiques/934265

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Assise - photo, « Saint François d'Assise », (vers la p. 115)  Le Goff, éd. Gallimard © - 1999 

(commentaire de Le Goff p. 113: « La basilique de Saint-François cette injure à la spiritualité du saint »)

http://www.babelio.com/livres/Cheng-Assise/497185/critiques/943412

 

« Jésus et Christos » :

ou “une époque d'une terrible ambiguïté”

Gérard Mordillat et Jérôme Prieur: « L'Origine du christianisme », “Jésus après Jésus” — et « Corpus Christie »

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Chapelle de Trappe ; Notre-Dame des Neiges - Saint Laurent les Bains en Ardèche (mardi 13 sept. 2016)

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« L'Origine du christianisme »
Extrait de « Jésus après Jésus » :

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Jésus n'a pas mis en place une base quelconque en vue d'une future « Église chrétienne »(1).
Il n'est pas non plus un “schismatique” de la tradition d'Israël du « Talmud », d'un “Judaïsme” fort divers dans ces époques-là. Jésus de Nazareth, à l'intérieur du judaïsme de son temps, se situe dans une mouvance autour de Jean le Baptiste. Ce mouvement propose une “relecture” de la tradition juive, mettant en perspective le “pardon miséricordieux” et une “ouverture” certaine vers les “mondes païens” et autre “pécheurs” … Jésus n'a aucunement voulu fonder une “nouvelle tradition”(1), mais simplement activer, instiller, une régénérescence d'Israël et du judaïsme. Vouloir lui imputer le « christianisme » institutionnel est un anachronisme ; n'existaient alors que quelques petits groupes fidèles à Jésus, qui restaient à l'intérieur du judaïsme même. Suite à sa mort subite, l'ignorance est quasi totale quand à la propagation et à la diffusion de son “enseignement” … Historiquement parlant, il y a absence de documents en dehors des Évangiles, qui eux ont une vision eschatologique de Jésus comme “messie” de la tradition hébraïque, soit : il est “oint” « christos » (hébr. māšīaḥ ).
Le « christianisme » est une “invention”, une “création”. Il n'existait, après la disparition de Jésus de Nazareth, que de petites communautés dispersées (“écclésia”) se regroupant chez les uns et chez les autres en “communion” dans les maisonnées. Ce n'est que beaucoup plus tard, sous Constantin 1er que “l'écclésia” se distingue dans son autonomie par rapport à une “Église” institutionnelle constituée.
Jésus parlait du « Royaume », Paul de Tarse (saint Paul, portant aussi le nom juif de Saul) instaura « l’Église ».
150 ans après sa mort, Jésus n'aurait très probablement déjà plus rien reconnu de ce qui était son propos, sa “vision” de son vivant !
Saul et sa mouvance inventèrent un “christianisme” hors du judaïsme, un “christianisme” des et pour les « gentils »(2), les « non-juifs ». Ce “christianisme” élude, évacue l'aspect, la figure juive de Jésus de Nazareth.
En bref, la référence à ce “Yeshoua divin” n'avait plus grand chose à voir avec le Jésus “messianique” d'Israël du Ier siècle.
Le Jésus de Nazareth humain, juif, de chair et de sang, ne convient pas aux “gentils” qui veulent un être “divin” et c'est bien là le “problème” ! L'escamotage de la réalité de Jésus “Homme” en son temps, au profit d'un “Jésus inventé” pour servir un projet eschatologique, une ambition ... c'est la “naissance d'un Jésus” totalement nouveau !
Un “Jésus” plus que le “Yeshoua” qui a vécu ! Quand à sa mort “infamante”(3) elle a pris ses proches et “disciples” au dépourvu et devant cet effondrement , cet échec apparent et ce désarroi, une forme de déni s'est mis en place à ce sujet ; l'impasse sur le factuel se métamorphosa en un “Jésus” continuant de vivre dans le cœur des proches (quoi de plus naturel !) qui finit par se transformer en “résurrection” ... « Il s'est fait voir ! »
La (une ?) première “apparition” se serait produite selon Saul, à Simon-Pierre (Simon Bar-Jona ou Barjona) ... le “Christ” est né ! De-facto St Paul institue Pierre “la pierre” sur laquelle se fondera “l'écclésia” (« l’Église ») en dehors de laquelle bien évidemment “point de salut”, Pierre détenant en exclusivité les fameuses “clés” du « Royaume Christique » où finalement Jésus de Nazareth n'est plus qu'un “faire-valoir” d'un « christianisme » naissant !
C'est une forme d'institution “papale” avant l'heure en quelque sorte ...
Ceci est d'autant plus curieux que de Simon-Pierre il est rapporté une relative incapacité à vraiment comprendre le message de Jésus de son vivant ; qu'il est somme toute un personnage décrit comme sous l'emprise de ses pulsions, remis à l'occasion “à sa place” par Jésus lui-même ! Et cependant il détiendrait lui seul les “clés de son Royaume”, mais bon ... !
Pierre, sincère, a sans doute fait en sorte de propager dans des conditions très douloureuses, difficiles et dangereuses, en “continuateur”, l’œuvre entreprise par Jésus, en toute “filiation” mais pas forcément son “successeur unique”, ce qui est d'ailleurs un contresens de l’Évangile de Matthieu ! La construction du Vatican repose sur cette perspective très partiale, alors que Jésus autant que cela a pu être rapporté était au antipodes d'une manifestation dans la « domination » de conquête(1).
“L'autorité” de Pierre ou du moins sa préséance est à entendre sous une forme symbolique de “proche” de la prédication de Jésus en son temps, mais certainement pas comme “figure de pouvoir”, et encore moins “d'unique” !

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« Corpus Christi »

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“Le Procès”
(d'après les textes en grec, papyrus découverts entre 1945, années 50, et manuscrits “Wagner” 1971 ... datés du IIe siècle ap. J.-C. )
— La distance de l'Histoire et le récit des Évangiles
Devant une lecture très attentive des Évangiles relatant cet épisode, il n'y a très probablement pas eu de “Procès” formel de Jésus devant le Sanhédrin (tribunal des prêtres juifs), pour la bonne raison qu'il en était très vraisemblablement absent ! Cependant, le Sanhédrin s'est bien réuni pour délibérer à son sujet aux fins de le dénoncer comme “faux prophète” (ce qui n'était pas rare à l'époque !) et le livrer à Pilate sous cette accusation.
L'ensemble du peuple Juif sous occupation militaire de Rome, craignait les conséquences des prises de positions de Jésus, les prêtre juifs le redoutaient pour leur propre position sacerdotale. (dans le judaïsme les prophètes pouvait être mis à mort pour leurs idées ; Jérémie fut jeté en prison, brutalisé, et exilé en Égypte à Taphnis où l'on ne sait plus rien de lui ...). Pour les “Grands Prêtres”, Jésus de Nazareth devait disparaître dans l'urgence !
Pilate ne fait qu'exécuter un “agitateur” qui du point de vue de Rome n'est qu'un personnage obscur et subversif au dire du Sanhédrin, portant préjudice à l'ordre de l'Empire. Tacite désigne le Préfet de Judée Pilate sous Tibère comme “un homme politique dans la crainte de Rome” avec un esprit retors, réprimant toute tentative de révolte avec une certaine férocité, voir “dangereux” pour ceux qui en faisaient les frais !
Cette description est inconciliable avec le Pilate décrit par les Évangiles. Cela s'explique aisément par le fait que le soupçon et motif d'exécution d'un Jésus “subversif” envers Rome, “criminalisait” de facto tous les personnes se réclamant de son enseignement ! D'où un positionnement favorable à l'autorité Romaine occupante dans les témoignages sur la position de Pilate.
Les premiers chrétiens (et autres “gentils”) après la mort de Jésus se démarquent du judaïsme pour tenter d’apaiser l'ire de Rome.


« Crucifixion »

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(Tiré de l’Évangile selon St Jean, presque complet — texte en grec datant environ des années 170 a.p. J-C.)
Il est à prendre en considération que les Évangiles synoptiques et selon St Jean ne constituent pas en eux-mêmes des “documents historiques” au sens étroit et strict du terme.
Ceci posé, le problème éventuel n'est somme toute que technique comme pour des recherches d'archives. La difficulté est toutefois assez considérable, Jésus de N. n 'ayant rien laissé par écrit(1). Les “transmissions orales” se sont faites dans des conditions inconnues. Reste que cela est le problème pour tout autre biographie de l'époque.
Il n'y a pas de “raisons objectives” de douter de l’existence factuelle de Jésus de N.
Nombres de personnes payèrent de leur vie leur fidélité envers lui ; s'il n'avait point existé seraient-ils morts pour une simple “croyance” sans fondement, une “rumeur” en quelque sorte ? C'est invraisemblable ! Jésus est passé simplement inaperçu dans l'Histoire ; le regard c'est retrouvé biaisé par l'importance qu'a pris le « christianisme » sous Constantin Ier et la suite … Il n'y avait rien d’exceptionnel finalement dans le destin de Jésus à son époque dans son environnement. Rien que de très commun et qui n'avait pas lieu d'être mentionné par les historiens contemporains. Les thèses mythistes (et Prosper Alfaric 1876-1955) sont très fragiles et sans forces convaincantes. Le débat “utile” serait plutôt de savoir quel est la teneur du “message” de la personne de Jésus de N. en son temps et lieu, ce qu'il en reste véhiculé de nos jours dans les institutions officielles (le Vatican notamment !), pas vraiment la question factuelle de son “existence”, personnage de “papier” (M. Onfray donc!) ou de fiction, qui semble être quelque peu fallacieux …
En outre Celse(4) moqueur, donne du sarcasme aux premiers « chrétiens » de vénérer un “criminel” contre Rome, et ne contredit en aucune manière la réalité de la crucifixion du personnage ; et la crucifixion qui est un fait grave n'est pas contesté par lui non plus !
Les contradicteurs de Jésus le Nazaréen (et du « christianisme » naissant) à l'époque nombreux et ayant la “force de Rome” pour eux, n'ont jamais posé le questionnement de la non-existence de Jésus. Si ils en avaient eu l'opportunité ne doutons pas qu'ils l’eussent saisie !
Si les premier « chrétiens » avaient “inventé” la crucifixion de Jésus, ils se seraient bien inutilement compliqué la vie, et mis en danger ! Car cela faisait grand scandale dans la société de l'époque justement ! Être dévoué à un “criminel” contre Rome crucifié !
Le mode de crucifixion de Jésus de N. reste à ce jour dans le non-connu ; lié ou cloué ? Ce n'est qu'au XIIIe siècle que se représente un Jésus cloué souffrant, auparavant sa représentation était “en gloire” et “triomphant” du supplice.
Son exécution, qui fut bien de “la main de Rome”, n'en a pas moins été instiguée par le Sanhédrin.

« (Jésus ?) Barabbas »

L'histoire de Barabbas est assez invraisemblable (il n'existe aucune référence particulière sur une coutume “d'indulgence” à la Pâques Juive), des clémences pouvaient toutefois ponctuellement survenir ...
C'est une figure énigmatique, dans un contexte où chacun des Évangélistes réécrit une vie de Jésus dans un projet théologique.
Jésus de N. et Barabbas ; c'est fort probablement un “montage” du « christianisme » naissant prenant des libertés avec l'historicité des personnages. L'un et l'autre ayant vécu dans des différences de lieux et de périodes données sous l'occupation de Rome dans un monde Juif agité de soubresauts.

« Jean-le-Baptiste »

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Les “disciples” de Jésus n'étaient finalement que dans une forme dissidente de ce qu'il faut bien nommer “les judaïsmes” …
Jésus s'est inspiré, dans ses “macérations” et maturations, du mouvement de Jean-le-Baptiste qui entretient une relation privilégiée, “initiatique” avec Jésus perçu probablement comme “héritier”.
Jean-le-Baptiste se pose à l'extérieur de l'institution judaïque centrale par le rite du Baptême et ce en “concurrence” avec le “Yom Kippour” (le jour du pardon au peuple juif - tradition du “bouc émissaire” portant les fautes et envoyé au désert …). C'est un positionnement polémique au regard du Temple ! L'occupation romaine est une “souillure”, ce sont des impies, au regard du peuple juif en mouvement de réformes et de protestations.
Flavius Joseph, historien juif, donne dans une chronique adressée à Rome (vers 100 a.-p. J.-C.) un “portrait” du Baptiste et agrée de son authenticité. Plus tard viendra le temps des tensions et rivalités entre les disciples du Baptiste et J.-C. à propos de l'inversion du sens de l'histoire où il y aurait eu une rupture de cycle entre l'un et l'autre et inversement des rôles dans la prééminence de Jésus sur le baptiste.

« Christos »

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Flavius Joseph (36 – 100 ap. J-C) impliqué dans la 1ère guerre judéo-romaine (66-73)
parle, dans la dernière édition de son œuvre « Antiquitates Judaicae », de Jésus de N. puis de J. le Baptiste (chp. XVIII), cependant les copistes du IXe siècle dans le cadre monastique n'ont sans doute pas été fidèles à la version d'origine à ce sujet …
C'était une période d’effervescence “messianique” et Jésus de N. n'était pas le seul, “singulier”, dans cette position à l'intérieur du judaïsme. Il n'a pas été de son vivant rapporté être “consacré”, du moins publiquement et ostensiblement “messie”. Jésus semble avoir été distant et on ne peut plus discret à ce sujet, décourageant toute propagation en ce sens de cette dénomination le concernant « Christos ».
La figure individualisée du “messie” surgit au moment où le judaïsme doit, dans ses mouvements de protestations contre l'occupation de Rome, construire une forme de contre-symbolique ; Jésus s'est retrouvé dans une période d'une terrible ambiguïté !
Le “messie” du judaïsme, auquel se réfère le « Christianisme », contient une valeur d'ordre temporel politique donc théocratique, les « Rois de Judée » du royaume de Samarie. Toutefois Jésus ne se reconnaît pas vraiment dans cette perspective semble-t-il, il s'en distingue, car il souhaite rompre avec cette culture “messianique”, “nationaliste” comportant en elle une potentielle violence des jeux de “domination”, il parle d'un « Royaume qui n'est pas de ce monde-là » (5) …
Si bien que par voie d'induction, pour que Jésus le Nazaréen soit « Christ », dans le contexte et au vu de ce qui est entendu par là, il devait être mort pour que cela puisse être ! Ce faisant la “révélation” publique pouvait s’opérer !
Ce faisant un “voile”, un “rideau” se met en place entre « Jésus » et « Christ ». Israël perd les guerres de : (66-73), la révolte de Bar Kokhba (132-135), Kitos (115–117) également pour certains.

« Résurrection »

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Elle fait surtout partie de la culture du judaïsme, alors que dans la culture grecque il s'agit bien plutôt « d’un “esprit” continuant d'être “vivant” » ; ce qui pose tout de même deux visions, deux approches bien différentes d'un état à l'origine, la mort de Jésus de N. Or la lecture grecque de cet événement a eu tendance à disparaître, et ne pas être retenue bien que présente dans le « nouveau testament » …
Car dans la symbolique il s'agit du “relever le juste” de l'extraire du “monde impie” au sein duquel il a été maltraité …
L'essentiel ne tient donc pas tant à un « Christ » “ressuscité”, mais bien plus à un « Jésus » se “livrant” vivant, au-delà d'une mort inique, à jamais dans le cœur de l'Humanité ! (c'est un langage de l'ordre de la “transcendance” d'appel)
Jésus s'est « donné à voir » à ses “disciples”, et nous n'en savons toujours pas plus sur les modalités (?)  ; il « s'est donné à voir » comme venant d'un monde “non-visible” au commun des mortels.
Cette lecture ne s'aligne donc pas avec celle, littérale, de “résurrection du corps” manifesté antérieurement.
En fin de compte Jésus de N. est mort sur la croix comme beaucoup d'autres de son temps, juifs ou non . « Christos » est une figure théologique qui a supplanté celle, historique, de Jésus en une cinquantaine d'années de proclamation …

 

« Le disciple “bien-aimé” »


Les Évangiles ont été structurés dans un “milieu culturel” où ce qui comptait avant tout, c'était “la parole” de la tradition orale(6), beaucoup plus pratiquée que l'écrit.
Il a fallu, devant le danger, la destruction de Jérusalem et le risque de la perte de la tradition orale pour la mettre en écrit.
Il n'existe pas à ce jour de documents manuscrits originels des Évangiles et des Épîtres de Paul (Saul) ; les documents actuels datent environ du IIe siècle.
Ces textes n'ont pas été menés d'une seule traite ; par contre « l’Évangile de Jean » marque un “écrit d'auteur” à la différence des trois autres ( Évangiles synoptiques).

« Le Temple »

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Les “grands-prêtres” du Temple, considéré comme étant le lieu ou « Dieu » résidait par excellence par rapport à un monde “externe”, étaient en fait des “fonctionnaires”, très différents des “Rabbi” talmudique.
Sous l'occupation de Rome, les “grands-prêtres” du Temple étaient nommés par les Romains et donc se soutenaient réciproquement pour le maintien de l'ordre public …
Jésus de N. et Jean-le-Baptiste, dont il était ‟l’héritier”, réalisaient tous deux un “ministère” à la fois sociétal et religieux en allant vers les gens, les populations rurales et villageoises.
Leurs idées de justice pour tous les humains progressaient, n'attendant pas que les personnes “aillent aux désert” pour engendrer une transformation du système vécu en Galilée, région du nord d'Israël, souvent méprisée des habitants de Jérusalem.
Jésus, qui est issu d'une modeste condition sociétale, va et se penche vers les humbles, ce qui est sa particularité. C'est “un homme du peuple”, qui rencontre donc une certaine popularité ! Ce qui a fini par se retourner contre lui ultérieurement … Son “message” n’intéresse pas les dignitaires, les personnages d'importance sociale.
Pourquoi Jésus est-il allé en Judée ? Rien aujourd'hui ne le dit …
— Son passage au Temple a précipité “sa perte”
Il existe une ligne de protestation de prophètes contre l'intégration du Temple dans l'occupation de Rome en Judée, et l'idée d'un “Nouvel Âge” (déjà ! Comme quoi rien de bien nouveau !) à naître s'est propagé …
En – 4 (av. J-C) mort d'Hérode 1er le Gd, révolte des “brigands”
En + 6 (ap. J-C) campagne de Juda le Galiléen contre la “taxe” de Rome
Et suivent Jean-le-B. Puis Jésus de N.
Cette “ligne” désigne une crise religieuse liée inextricablement aux structures socio-économiques et politiques que traverse la Palestine, et dans cette turbulence Jésus a un certain succès populaire.
Jésus de N. est un personnage de la “tradition orale”, pas de l'observance à la lettre de l'écrit ! D'où ses adversaires, les Sadducéens et dans une moindre mesure les Pharisiens (auxquels il était rattaché, et qui refondaient le Judaïsme au “temps présent” tout en s'appuyant sur la tradition) à la lecture plus étroite. Il a été reproché à Jésus de ne pas avoir eu la formation “orthodoxe” de Jérusalem quand bien même il a enseigné au Temple, ce qui était quelque peut paradoxal !
“L'originalité insupportable” de Jésus fut sa radicalité dans la fraternité humaine et la bienveillance altruiste. En outre il resserre l'écart entre la forme et le fond (le marécage des intentions) pour ramener à une plus juste appréciation de notre “état d'être” en continu …
Alors que les Grands-Prêtres et autres Sadducéens, eux, tiraient les cordons de la “domination” au Temple … Les scribes étaient les gardiens vétilleux des prescriptions de la Loi juive. Jésus dénonce ce qui semble bien constituer à ses yeux un excès de pouvoir : « Vous qui chargez les hommes de fardeaux accablants et qui ne touchez pas vous-mêmes d'un seul de vos doigts à ces fardeaux. » (Luc, XI, 46).
Les Notables Sadducéens, en connivence étroite avec les Grands-Prêtres, sont dans une forte majorité des fondamentalistes et autres “ultra-orthodoxes” d'observances ritualistes de “cagots”.
Le judaïsme avait tendance à dénier toute autorité au rabbinique, qui eux étaient dans une dynamique de faire surgir du neuf de l'Ancien en phase avec l'actualité présente.
Jésus au Temple interpelle :
« Il monta à Jérusalem et trouva dans le Temple les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, ainsi que les changeurs qui s'y étaient installés. Alors, s'étant fait un fouet avec des cordes, il les chassa tous du Temple, et les brebis et les bœufs ; il dispersa la monnaie des changeurs, renversa leur table et dit aux marchands de colombes : Ôtez tout cela d'ici, et ne faites pas de la maison de “mon Père” une maison de trafics  ! » (Jean, II, 13-16).
Tout est dit, sa perte est annoncée !
Son propos faisait valoir que “une praxis” de cet ordre ne s'achète pas, et ne peut grandir dans un ritualisme étroit, attaché à la forme au détriment de “l'esprit”, du sens véhiculé ! C'est une intervention à caractère eschatologique.
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Jésus : « Roi des Juifs » ?

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Le “titulus” est la seule chose écrite du vivant de Jésus de Nazareth, le concernant !
C’est l’énoncé du motif officiel de l’exécution ; soit un “crime politique”
La monarchie juive ayant été abolie par Rome. Cependant de nombreuses révoltes sévissent en Judée (- 60 av. J-C et après)
Une question se pose de savoir finalement dans quelle langue s’exprimait Jésus ?
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« Juda »
“Juda” appelé “Iscariote” (de la bourgade de Cariote ?), qui est semble-t-il un nom de lieu, c’est aussi celui du peuple juif. “is(ch)” un signifiant de “notable” : qui vient du bourg de Cariote. Parmi “les douze” il serait le seul disciple de Judée ; était-il en relation avec la secte fanatique des Zélottes ?
Sur la première thèse de la “trahison” de Juda :
Déçu par Jésus qui n’allait pas dans le sens de ses ambitions et projections politiques très “nationalistes”, il passe à l’acte.
Seconde thèse :
Jésus fait en sorte que “son Dieu” intervienne dans cette histoire, sous une forme qui puisse “provoquer” son intervention.
Toutefois il est à remarquer que dans les temps anciens le sacrifice de personnes excellentes pour le “salut” de la communauté déchue, n’était pas rare ! Dans cette perspective les basses œuvres étaient dévolues à un être “maléfique” ...
N’est-ce en fin de compte qu’un mythe du christianisme naissant ?
Quoi qu’il en soit, “Juda” est un élément très déstabilisant pour ce christianisme naissant !
Ne pas négliger cependant que Juda est dénommé par Jésus lui-même comme l’un des “douze apôtres” fondateur. En outre le rapport que fait Jésus entre Juda et Pierre pose question en fait de “reniement” et trahison !?
(“Simon” [Caïphe] est dans le judaïsme un emblème sacerdotal) La relation de l’un à l’autre est des plus troublante ... La consonance entre Juda et Pierre se situe sur un pôle : celui de Jésus voué à la mort (Juda), cette mort refusée (Pierre)
Dans les Epîtres de St Paul (années 50 ap. J-C) cet épisode n’est pas relaté ; il fait surface lors du premier Évangile, soit vers + 70.
Paul, juif, est très virulent à l’encontre de ses coreligionnaires. D’où il finit par ressortir également qu’un certain “mal” serait nécessaire à un “certain salut” dans cette vision du christianisme ...


« Pâque »

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(Il y a la “Pâque” du départ vers la Terre Promise - l’exode [soukkot - « fête des cabanes » ou « fête des tentes »] à l’automne, et il y a la “Pâque” de l’arrivée en Terre Promise, celle du “sacrifice” des agneaux - Joseph signale une année ou il en fut “immolé” jusqu’à 250 000 !). Ces périodes donnent lieu à de grands mouvements de foules pendant plus d’une semaine ; Jérusalem comptait environs 30 000 habitants, pendant ces fêtes cela pouvait aller jusqu’à 100 000 et plus ! C’était des périodes qui du point de vue de Rome et son “ordre” étaient à “hauts risques” ...
Nombres d’indications vont dans le sens d’une arrivée de Jésus de N. pour la “fête de soukkot”, ce qui laisserait supposer que sa mise en accusation et la procédure qui s’ensuivit fut beaucoup plus laborieuse, avant “la passion” et la crucifixion proprement dite !
Jésus est en équivalence signifiante de Josué : noms qui expriment une “libération” dans le sens d’un soulagement de ce qui oppresse (noms qui n’étaient pas rarissimes à l’époque, même assez fréquents).
Jésus, entendu en ce sens comme “sauveur”, forme conclusive de “Emmanuel” (Dieu-sauve), semble servir un même projet par des étapes différentes. Cependant, dans le cadre d’Israël, il peut se parer d’un autre sens ; temporel de la royauté messianique, aspect que Jésus élude dans sa prophétie qui elle se tourne vers “l’intériorité” de l’être. D’où une certaine ambiguïté dans l’interprétation de ce que pouvait représenter Jésus, pour les uns et pour les autres dans leur attentes de l’époque. Un grand malentendu dans une période trouble et agitée ... Jésus le “Nazôréen” des uns n’était visiblement pas leur “messie” (māšīaḥ), ni le « Christos » qu’on voulu en faire d’autres plus tard !

 

« selon Jean »

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Ni Jésus ni ses proches n’ont jamais rien écrit sur support (parchemins - papyrus ou autres). Il ne faut pas faire l’amalgame d’avec les apôtres vivants en Palestine du temps de Jésus et les “évangélistes” qui mirent en forme la “compilation” des textes deux ou trois générations plus tard, tout autour de la Méditerranée.
Jean énonce un “récit immobile”, les personnages de son évangile sont hiératiques. C’est un “drame sacré” qui ne se situe ni dans un temps linéaire, ni cyclique.
L’Évangile de Marc, lui, est vif, alerte et symbolique.
Mathieu se met en “charge” de passages didactiques ...
Luc est littéraire et recherché.
Au bout du compte personne ne dit rien sur ce qu’écrivait/traçait parfois Jésus de N. au sol, sur le sable, à destination de son auditoire, c’était avant tout un prophète de “paroles”.
A la fin du premier siècle (le Temple est détruit), le judaïsme resserre son “orthodoxie” autour du courant Pharisaïque. C’est à cette période qu’au sein du judaïsme s’opère la rupture violente avec les juifs restés “fidèles” à la prédiction de Jésus de N. reçu comme “Christ” par cette minorité. Ces premiers “judéo-chrétiens” commencent, après la guerre de 66 - 70 d’Israël face à Rome, à vivre leur spécificité spirituelle et religieuse hors du judaïsme. Fin des années 90 l’anathème est lancé contre ces premiers chrétiens, les excluant de la Synagogue ; ce sont les “minimes” (les autres ...) juifs dévoués à Jésus et à son message d’un renouveau.
Le Jésus-Christ de l’Évangile de Jean est somme toute assez éloigné du Jésus de Nazareth. Le “Jésus humain” s’estompe sous le poids du texte, il est présenté comme le “logos”, le “verbe”, qui s’est fait “chair”.
Les Évangiles n’ont pas été écrits pour dire ce qui s’est passé dans l’histoire humaine de Jésus, mais ils sont là pour “donner à penser” sur ce qu’était Jésus dans une interprétation escathologique de la vie et de la mort de Jésus de N. s’enracinant dans le judaïsme.
Si bien que finalement, nous pouvons nous poser cette question : qui était Jésus de Nazareth à la condition humaine de charpentier ? Le saura-t-on jamais ?
Sauf qu’à le “rencontrer” de l’intériorité de soi, dans notre propre Humanité ! Ce qui peut être donné à tout humain qui a la volonté et le courage de poser son regard vers cette “intériorité” de lui-même.
« Et homo factus est » – (l'homme tel qu'il est) écrivait Marcel Légaut !

http://www.babelio.com/livres/Legaut-Lhomme-a-la-recherche-de-son-humanite/63479/critiques/506740

http://www.babelio.com/livres/Legaut-Un-homme-de-foi-et-son-eglise/63480/critiques/736706

 

Jésus le Nazöréen peut être en toute personne qui le reçoit ... et il faut être en attitude “d’appel” (réceptacle ?) pour pouvoir “recevoir” semble-t-il ...

 

 

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En cheminant sur les hauts des collines au-dessus de la Chapelle de Trappe de Notre-Dame des Neiges ...


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(1) Tout comme Gotama Sakyamuni, n'avait pas non plus en vue de fonder « une religion bouddhiste » dans un esprit de “domination” conquérante !

http://www.babelio.com/livres/Crombe-Le-Bouddha/203376/critiques/1101218

(2) gentils : hébr. “goyim” (nation) désigne les « non-juifs », entendus comme “païens”. St Paul (Saul) se tourna vers eux , les juifs ne reconnaissant pas Jésus (Yeshoua) comme “messie” (māšīaḥ), réalisé par un “prophète divin”, soit Jean-le-Baptiste fils de Zacharie (théocratie et pouvoir temporel). Le Baptiste était un “prêtre rural”, ascète, qui prônait le pardon miséricordieux par l’immersion et “l'initiation des eaux baptismales” et non les rites accomplis au “Temple”. Ce mouvement “Baptiste” date du IIe siècle av. J.-C.


(3) La “crucifixion” était dévolue aux esclaves, criminels de droit commun (et accessoirement sédition politique) entendu à l'époque de Rome comme “sous-humanité” (barbares au regard de la civilisation gréco-romaine) ; d'où l'on peut déduire par induction que non seulement Jésus fut condamné à une mort ignominieuse, mais était déjà comme “déclaré non-existant" par Rome (du fait que les “grands-prêtres” du judaïsme eux-mêmes le déclarèrent comme “imposteur”) avant que celle-ci ne fut accomplie.

(4) “Les écrivains romains”
Aux côtés des sources chrétiennes, d'autres écrits mentionnent la personne de Jésus, d'une façon qui n'est pas toujours élogieuse, ce qui peut apparaître comme une autre preuve de son existence. Il est notamment cité par trois écrivains romains : Pline le Jeune, gouverneur romain vers 112 après J.-C., l'historien Tacite, qui aborde la mort de Jésus dans ses "Annales" écrites vers 115 :
« Aucun moyen humain, ni les largesses du prince... ne faisaient céder l'opinion infamante selon laquelle l'incendie avait été ordonnée [par l'empereur]. En conséquence, pour étouffer la rumeur, Néron produisit comme inculpés et livra aux tourments les plus raffinés des gens, détestés pour leurs turpitudes, que la foule appelait chrétiens. Ce nom leur vient de Christ, que sous le principat de Tibère, le procurateur Ponce Pilate avait livré au supplice ; réprimée sur le moment, cette exécrable superstition faisait de nouveau irruption, non seulement en Judée, berceau du mal, mais encore à Rome, où tout ce qu'il y a d'affreux ou de honteux dans le monde converge et se répand... ils furent reconnus coupable moins du crime d'incendie qu'en raison de leur haine pour le genre humain »
(Tacite, Annales 15, 44),
et Suétone, autre historien qui évoque les Chrétiens dans "La vie des douze Césars".


(5) voir : « En relisant les évangiles » (« Évangile » signifie « bonne nouvelle »)
Arnaud Desjardins, Véronique Loiseleur - Éditions La Table Ronde © 1990

http://www.babelio.com/livres/Desjardins-En-relisant-les-vangiles/217251/critiques/735246
— Une relecture très originale et “éclairée ” à la “lumière” des enseignements du maître de méditation d'A. Desjardins, Swami Prajnanpad.

(6) La “transmission orale” privilégie la “parole vivante”, ce qui permet une chance de compréhension optimale et un échange authentique dans le “don” et le “reçu”.


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Jean Carrière dans « LE NEZ DANS L'HERBE » exprime une perception, une perspective fine de la chose  :
« Qu'une seule personne vous aime assez pour vous apporter sa confiance, et vous êtes sauvé. Quant à l'atmosphère de saturation religieuse, c'est la pire des choses pour quelqu'un qui a envie de prendre le Christ au sérieux. Et d'abord, j'ai toujours pensé que le christianisme devait rester clandestin, comme une source dans le désert. L'échec du christianisme, il me semble, c'est la réussite de son établissement historique(*). Pour en être convaincu, il n'y a qu'à relire le fameux discours du Grand Inquisiteur dans Les Frères Karamazov. Il y a dans les églises une intransigeance, un ton protecteur, à la fois onctueux et menaçant, qui me révoltent. L'athéisme qui est en moi (je suis un affreux mélange d'athéisme consterné, d'agnosticisme et de... — le mot foi me gêne — disons : « ouvert du côté de “l'hypothèse Dieu” »)
p. 742
...
À propos du « devoir d'imprévoyance », déjà évoqué, il me semble que cette attitude est parfaitement chrétienne en ce qu'elle concerne deux niveaux qui se rejoignent : celui de la vie matérielle, celui de la spiritualité, l'un et l'autre n'étant pas séparables quand il s'agit de se dépouiller le plus possible avant que la mort, qui nous dépouille absolument, ne nous mette devant le fait accompli. Saint Paul nous dit qu'il faut « user du monde comme n'en usant pas, aimer, boire, manger avec ce détachement qui nous fait pauvres ». Saint Paul et sa fameuse morale « intérimaire » : il croyait que la fin du monde surviendrait avant la fin du premier siècle : « Cette génération ne passera pas qu'elle ne voie l'accomplissement de ces choses », avait affirmé le Christ.
Quand le bateau coule, il faut parer au plus pressé. Forniquez avec votre femme si vous ne pouvez pas vous en passer, mais ce serait mieux si vous pensiez uniquement au royaume de Dieu, qui est proche... L'Occident chrétien a fini par oublier que, pour chacun d'entre nous, le royaume est toujours proche : un accident de voiture, une crise cardiaque, et c'est notre fin du monde. Inutile de chercher dans le ciel les nuées ardentes promises par saint Jean. Nous aurons tous droit à notre petite Apocalypse personnelle. »
p. 826
 « L’Âme de l'épervier »
Jean Carrière, édition Omnibus © 2009)

(*Nous nous permettons d'ajouter que c'est très exactement ce qui nous apparaît en ce qui concerne le « fameux bouddhisme tibétain » ou "lamaïsme" de nos jours en nos contrées de “civilisation occidentale” , comme quoi l'histoire se répète, les causes étant semblables … )

http://www.babelio.com/livres/Pelt-Dieu-de-lunivers-Science-et-foi/41756/critiques/1057336

http://www.babelio.com/livres/Pelt-Nature-et-spiritualite/91173/critiques/1023485

http://www.babelio.com/livres/Pelt-Fleurs-fetes-et-saisons/105289/critiques/1083505

http://www.babelio.com/livres/Pelt-Le-monde-a-t-il-un-sens-/617839/critiques/697528

http://www.babelio.com/livres/Vincent-Le-coeur-des-autres--Biologie-de-la-compassion/265569/critiques/896328

 

http://www.babelio.com/livres/Vincent-La-chair-et-le-diable/160971/critiques/92864617.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 (vipérine ... rivière de la Doubie, Mt Aigoual)

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(... dans le Lac d'Issarlès [Ardèche] ...)

Alors “bon vent” du Cosmos ; qu'il souffle pour le « bien des êtres, animés et non animés », selon la formule consacrée … MITAKUYÉ OYASIN ("Je fais partie de la grande famille du vivant") !

http://www.babelio.com/livres/Arnould-La-vie-est-elle-sacree-/725906/critiques/1252703

http://www.babelio.com/livres/Onfray-Cosmos/696706/critiques/1158796

http://www.babelio.com/livres/Pelt-Les-dons-precieux-de-la-nature/200763/critiques/1307250

 

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Note du 27 octobre 2016:

Il y a trente années aujourd'hui, le 27 octobre 1986, a eu lieu cet événement sans précédent, « Les Rencontres d'Assise » en Italie, des différentes traditions spirituelles de notre humanité. Recherche d'un dialogue nécessaire entre les différentes cultures, leurs approches respectives de « l'être » et de la nature humaine qui ne peuvent aller dans des “cheminements de distinctions” de cet « être » sans prendre le risque de se perdre à jamais ! « Différences naturelles » donc mais fraternelles, aucunement « distinctions dans la séparation », de “l'étranger”, celui qui ne vit pas “comme nous” ! Ce qui peut être le cas, mais il est cependant à connaître ...
Au-delà de ces pieuses intentions certes “méritoires” de ces « Rencontres », qui de nos jours peut constater de manière factuelle l'instauration de cette « Paix » des « différences » non « distinctes » là où il vit, dans son humble quotidien ?
Que voyons-nous présentement, si se n'est la continuité de ce qui est le plus souvent donné à voir, le vacarme violent (parfois silencieux !) du désir dans la nuisance pour affirmer son “autorité dominatrice” assise sur de prétendues “distinctions fondamentales” de traditions ou autres, sur les personnes, les peuples de la Terre ? L'esprit de « domination » et d'appropriation, est une énorme affliction, difficulté à vaincre s'il en est* !
Ce chemin sera long, douloureux, et plein de larmes, ne nous y trompons pas ! La Joie de la Paix en soi est à ce prix ! Et nous en sommes très très loin globalement parlant actuellement … ! À chaque personne le soin de s'y “atteler” en conscience ... pour atteindre sa “terre de sérénité fondamentale” à partager en toute fraternité ...

http://www.babelio.com/livres/Luz--vous-freres-humains-BD/923601/critiques/1251462

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http://versautrechose.fr/blog3/2014/03/spiritualite-de-quoi-sagit-il-exactement/

— Préhistoires d'Europe de Anne Lehoërff
Le secret, pour espérer appréhender l'histoire de l'homme, semble être de se libérer d'une vision linéaire et forcément évolutive. Concevoir que les vies de Néandertal ou d'Homo Sapiens étaient déjà riches de culture et satisfaisantes en elles-mêmes oblige à remodeler nos perceptions.

(Né en 1930, aux Etats-Unis, Marshall Sahlins est l'une des figure emblématiques de l'anthropologie contemporaine. […] il occupe le devant de la scène de l'anthropologie économique et culturelle dès la publication de son ouvrage « Âge de pierre, âge d'abondance » […]. L'auteur s'attaque à une idée reçue, celle du monde impitoyable des chasseurs-cueilleurs, systématiquement envisagés comme des êtres soumis à un approvisionnement aléatoire et laborieux de leurs denrées alimentaires. Par une étude anthropologique sur des sociétés contemporaines […], il met en avant, par différents calculs, que le temps passé par un chasseur-cueilleur à acquérir sa nourriture était bien inférieur à celui que le paysan devait consacrer à la réussite de ses cultures et de son élevage...)
p. 118
"La plus longue partie de l'évolution de l'homo sapiens s'est déroulée dans des formes de pensée qui nous sont devenues étrangères alors qu'elles restent sous-jacentes à une part importante de nos comportements."
(p. 19)

http://www.babelio.com/livres/Lehorff-Prehistoires-dEurope/833794


— Que nous le voulions ou pas, que nous l'acceptions ou pas, nous nous inscrivons tous dans une “histoire”, une “époque”, une “géographie culturelle”, cependant nous sommes tous les “enfants” d'une même planète Terre, et d'un Cosmos qui est le notre …

 

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