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  • Martine et Stephen BATCHELOR

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    Nous avons donc décidé, dans la cohérence de notre cheminement intérieur d'une vie spirituelle contemporaine en notre pays de France, de franchir le pas. Nous avons laissé de côté, du moins pour une période, indéterminée, peut-être pas totalement ni définitivement, ce « lamaïsme-nationaliste* » et ses "armées de missionnaires religieux" de genre "évangélistes", aux sourires patelins de culture, désuet et anachronique dans son organisation temporelle en nos contrées, étriqué, crispé et inadapté qui se fourvoie dans son archaïsme de "religiogisme" captatif cupide, à avidité incurable, souvent au fonctionnement temporel bien obscur** ... Pour autant, l'Ati-Dzo-Pa-Chen-Po***, que nous a transmis en personne Khyabjé Dilgo Khyentsé en août 1985 à La Sonnerie en Dordogne, restera vivant en nous et ce de façon indélébile.
    Martine Batchelor offrait (car là avec elle, le respect de la pratique du don ou « dana », auquel Dilgo Khyentsé de son vivant n'a jamais dérogé lui qui était la parfaite incarnation dans l'accomplissement de « Dana prajna paramita », reste d'actualité !) une session de méditation à « La Joncasse Haute » près de Toulouse, vers Caraman (31460), les 14 et 15 septembre 2013(1).
    Le lieu, près de l’Étang de l'Orme-Blanc, est très agréable au demeurant, le temps était beau, Martine, femme menue et gracile, emplie de simplicité et de maturité très profonde, a dispensé en alternance, en un rythme souple et fluide, sessions de méditations et d'enseignements sobres, à destination d'un monde séculier.
    Avec un sens du dépouillement, tout en acuité du moment présent, elle a empli les journées de sa bienveillante lucidité, répondant et accompagnant les périodes d'échanges, de questions et réponses, avec sollicitude et clarté, en toute sincérité.
    Merci Martine de cet air frais ! Nous allons peut-être commencer à entrevoir des perspectives nouvelles et innovantes … !

    Gilles Maitrot/Corbin, le 19 septembre 2013

    Note du 30 septembre 2017

    Stephen Batchelor's comments in the Telegraph are cogent here :

    http://www.telegraph.co.uk/men/thinking-man/sexual-assaults-violent-rages-inside-dark-world-buddhist-teacher/


    ‘Once you enter into the hermetic world of Tibetan Buddhism, you somehow burn your bridges to Western rationality,’ says Stephen Batchelor, an English Buddhist teacher and academic who was himself a Tibetan Buddhist monk for eight years. ‘You enter a world that appears to be entirely consistent internally; everything makes sense; the structures of power seem to be in the service of these high ideals of enlightenment, and the relationship with the guru is the key element in your capacity to follow this path in the most effective way.’
    (« Une fois que vous entrez dans le monde hermétique du bouddhisme tibétain, vous risquez de briser vos ponts en vers “la rationalité occidentale” », a déclaré Stephen Batchelor, professeur et universitaire bouddhiste anglais qui était lui-même un moine bouddhiste tibétain pendant huit ans. « Vous entrez dans un monde qui semble totalement cohérent en interne ; tout a du sens ; les structures du pouvoir semblent être au service de ces idéaux élevés de l'illumination, et la relation avec le guru est l'élément clé de votre capacité à suivre ce chemin de la manière la plus efficace.
    Mais le Vajrayana est reconnu comme un chemin particulièrement dangereux, en particulier pour les étudiants occidentaux sans fondement profond dans la culture tibétaine. »)

    ‘Tibetan culture is such that it will never criticise another lama, especially one within your own group,’ Stephen Batchelor says. ‘But the root of the problem lies in the tantric, aristocratic structure of old Tibetan society that they are seeking to preserve in exile. They’re in the business of holding on to their traditions, not reforming them.
    ‘The problem facing other lamas is that if they accept these criticisms they are basically accepting criticism of the whole system that in a way underpins their own authority; and if they say nothing they know they will be perceived as turning a blind eye to what looks, quite blatantly, like abusive behaviour.
    ‘It’s a terrible thing if this discredits Tibetan Buddhism, because Vajrayana is a very rich part of Buddhist heritage. But at the same time these abuses have to be addressed. And the Tibetan tradition has to come to terms with that.’
    (« La culture tibétaine est telle qu'elle ne “critiquera” jamais un autre lama, en particulier celui de votre propre “sangha”, a déclaré Stephen Batchelor. Mais la racine du problème réside dans la structure tanrique et aristocratique de l'ancienne société tibétaine qu'ils cherchent à préserver en exil. Ils s'obstinent à s'accrocher à leurs traditions, à ne pas les réformer.
    Le problème auquel sont confrontés les autres lamas est que, s'ils acceptent ces critiques, ils acceptent essentiellement les critiques de l'ensemble du système qui, d'une certaine manière, sous-tend leur propre autorité ; et s'ils ne disent rien, ils savent qu'ils seront perçus comme fermant les yeux sur ce qui semble, de façon tout à fait flagrante, comme un comportement abusif.
    C'est une chose terrible si cela désavoue le bouddhisme tibétain, parce que le Vajrayana est une partie très riche du patrimoine bouddhiste. Mais en même temps, ces abus doivent être résolus. Et la tradition tibétaine doit être conforme à cela. »)

    * http://www.patheos.com/blogs/americanbuddhist/2017/11/a-storm-is-coming-tibetan-buddhism-in-the-west.html

    http://hridayartha.blogspot.fr/2016/06/dans-les-coulisses-du-bonheur-national.html

    http://www.phayul.com/news/article.aspx?id=38181&article=TCV+Celebrates+56th+year+of+inception

    Ceci pose tout de même une question : qu'avons nous à faire dans nos contrées de cet aspect certes légitime, mais uniquement là où vivent les diasporas significatives tibétaines !
    Hors la terrible ambiguïté réside bien là ! Les organisations du “lamaïsme” dans nos pays de cultures occidentale sont imprégnées de cette mentalité “nationaliste identitaire” moyenâgeuse aux ambitions démesurées qui sont en elles même d'une consternante violence ! Ce qui du point de vu du “bouddhisme” de Gautama est une véritable déviance perverse ! Même un authentique pratiquant du Mahamoudra (ou du Dzo-tchen) ne peut absolument pas souscrire à une telle hérésie ! Ce serait une injure aux pères de la Lignées Kagyu-pa, et Nyingmapa !
    En outre cela constitue le terreau d'une véritable trahison pour les personnes ayant eu des liens profonds avec les Grands Anciens des années 1980 en France notamment, qui avaient comme objectif et l'aval de ces “authentiques héritiers” de la tradition du Vajrayana, une intégration “in vivo”, avec toutes les adaptations et réformes éventuelles voire nécessaires à faire dans l'organisation du “temporel culturel” incontournable !
    Qu'avons-nous à faire d'enclave comme « Lérab-Ling » (pour ne citer que cette organisation...) en France ?

    https://www.babelio.com/livres/Dapsance-Les-devots-du-bouddhisme/879929

     

    http://www.buddhachannel.tv/portail/spip.php?article25285

    http://www.francetvinfo.fr/societe/religion/la-france-terre-de-mission-pour-le-bouddhisme_1483433.html

    http://www.francetvinfo.fr/societe/religion/le-karmapa-successeur-potentiel-du-dalai-lama_1483441.html

    http://www.buddhachannel.tv/portail/spip.php?article25213

    https://www.phayul.com/news/article.aspx?article=WHY+LUKAR+JAM+ATSOK+IS+IMPORTANT+FOR+TIBETAN+DEMOCRACY&id=36502&t=1&c=4

    — À lire absolument ...  « Le Maître dans la diffusion et la transmission du bouddhisme tibétain en France » de Cécile Campergue, (ici, pages 15 à 23), © 2012 ed.l'Harmattan

    http://books.google.fr/books?id=CB6EGYnCuogC&pg=PA222&lpg=PA222&dq=lama+rabsel+lodreu&source=bl&ots=hjqRbC4-EH&sig=---swtk3pR_OT_VbC8cUKRRYEsc&hl=fr&sa=X&ei=YWWYU9H-Geey0QWsvICwCA&ved=0CCcQ6AEwATgK#v=onepage&q=lama%20rabsel%20lodreu&f=false

    (nous reviendrons ultérieurement sur cette étude de thèse en doctorat d'un très grand intérêt et qui à notre humble avis fera date, quand bien même il serait parfois dépassé par les évènements dans les années qui ont suivit sont élaboration, soit les années 2003 à 2008 ... !)

    note du 27 juin 2015 : le travail de transcription de 143 "citations" et terminé ... ;-)

    http://www.babelio.com/livres/Campergue-Le-maitre-dans-la-diffusion-et-la-transmission-du-/644762

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    http://www.larbredesrefuges.com/t10962-evenement-rencontre-humanisme-mindfulness#92021

    Nous avons donc ici en le cas d'espèce l'exemple de l'incapacité chronique absolue de cette “troupeau-sphère”, d'accéder à une vision objective et “critique” dans le discernement, et de son laisser aller à des allégations vagues, accusatrices, engendrant une suspicion dont on sait par expérience qu'il en restera toujours quelque chose*
    Aucune argumentation donc, l'étude anthropologique n'est aucunement débattue,  l'auteur est tenu en suspicion de collusion avec “l'ennemi”, dans une théorie du complot paranoïaque qui est rentable, et où il y a “la victime” et le “prédateur”, dans une vison dualiste sans nuances entre le blanc et le noir, évacuant le “dégradé de gris” ...
    À terme cette situation finira par celle du “serpent qui se mord la queue” ad libitum ...
    si bon ordre n'y est pas mis un jour ou l'autre … !


    * "Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose", ordonnait en 1940 Joseph Goebbels …


    (** https://www.facebook.com/hridayartha/posts/835523573274250

    voir vraiment sordide au plus "haut sommet" de sa hiérarchie :

    http://www.heraldscotland.com/news/crime-courts/chief-suspect-in-murder-of-monk-lived-in-scottish-monasteries.22406343

    https://www.phayul.com/news/article.aspx?id=37080&article=Two+sentenced+to+death+in+Akong+Rinpoche+murder+case&t=1&c=1

    compassion, compassion ... peut-être, et on en parle, on en parle beaucoup, mais surtout "ne Touchez pas au grisbi" ! Perdre sa vie pour quelques deniers !

    … « … nous sommes abreuvés de sourires par des créatures qui dissimulent des crocs de dogue. » …
    « L’Âme de l'épervier », p. 837, Jean Carrière, édition Omnibus © 2009

     http://www.phayul.com/news/article.aspx?article=THE+ARROGANCE+OF+TREASON+by+Jamyang+Norbu&id=34774&t=1&c=4

     Cela est semble-t-il une coutume dans cet institutionnel, voire une "tradition", une "seconde nature" en quelque sorte ; pauvre Tibet !)

    « In my personal experience, there are two taboos in Buddhist organisations, both of which have merit and both of which can be used as manipulative tools. One of them is an injunction against gossip – useful when trying to establish a calm mental state, but also useful to prevent the circulation of critical comment.

    The second is samaya – the bond of loyalty that is one of the key tenets of Tibetan Buddhism. It supports the relationship between teacher and neophyte, but it can be deployed unscrupulously as a threat – break your samaya and attract dire consequences to yourself and your loved ones.

    Another factor is that acceptance into the inner circle around an important guru delivers high status within the organisation. Women are persuaded to view the master as a deity and to be compliant with his wishes and whims, to undertake a punishing workload and be available for sex on demand. They are separated from family and friends, discouraged from contact with the outside world and persuaded to see the organisation as family with the guru (confusingly as father-lover) in absolute power and control. By the time women realise they are being abused, exploited and embedded in a coercive cult, it is often too late for them to extricate themselves. Their investment is total and their chances of making lives for themselves beyond the organisation have dwindled into non-existence. »

    https://www.theguardian.com/commentisfree/belief/2011/jul/01/lama-sex-abuse-sogyal-rinpoche-buddhist

    https://www.facebook.com/hridayartha/posts/862957433864197

     ***

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    (1) http://joncasse-haute.eklablog.fr/programme-des-activites-c17870245

     

    Dans l'introduction de "Éloge de la folle sagesse" Lee Lozowick nous confie ceci :

    En fait, chacun aspire intuitivement, en son for intérieur, à discerner le vrai du faux, sachant que le vrai est objectif, autrement dit vrai pour tout le monde. Pour aborder cette vérité et l’intégrer dans leur vie, les gens doivent, à un moment donné, se mettre en quête du chemin spirituel.
    La majorité des instructeurs spirituels, des centres, des stages et des livres de cette catégorie ne proposent qu’une forme de consolation. Ils allèchent l’ego par 1a promesse d’une transformation ou d’un éveil, puis lui donnent un petit quelque chose pour le satisfaire. Ils font danser les gens, les amènent à un peu d’extase ou leur font un petit massage, tout cela afin qu’ils soient suffisamment excités pour avoir l'impression d’aller dans la bonne direction. Ces voies encouragent les gens à rechercher ce qu’ils veulent, à savoir le confort et le plaisir plutôt que le dur labeur. Les gens sont si paresseux, si peu résolus à payer le prix pour une vraie découverte, que la plupart des prétendus Chemins spirituels se sont compromis. À force de chercher la réussite de surface au lieu de s’employer à réellement transmettre le Travail*, ils ont capitulé face à l’ego ordinaire. Ils font la volonté de l’ego au lieu de demander à l’élève sur la voie de se conformer à l’exigence d’une tradition authentique.
    Le résultat final d’un tel chemin, c’est que l’élève aboutit non pas à Dieu, non pas à la Réalité, à la Vérité ou à l’Éveil... mais à lui-même ; il ne change pas fondamentalement mais revêt sa névrose d’un nouveau costume. Sa psychologie n’a pas bougé, il est toujours aussi égocentrique ; la seule différence est une nouvelle illusion, celle qui lui fait croire avoir atteint un accomplissement profond et sacré. La plupart des gens se font de l’accomplissement spirituel une idée bien différente de ce qu’il est en réalité.
    —————
    * « Le Travail » : terme emprunté à Georges Ivanovitch Gurdjieff, utilisé tout au long du présent livre pour désigner une méthode traditionnelle de transformation et de maturation de la personne.

    Il ne s’agit pas d’égrener de sympathiques clichés et autres platitudes spirituelles. Non qu’il n’existe pas de réalités cosmiques méritant que l’on s’en émerveille, visions, extases, béatitudes. . . Tout cela existe, en abondance. Mais nous existons aussi au sein d’un écosystème mortel et délicat. C’est un fait, pas moins réel que le précédent.
    ...
    Un chemin spirituel digne de ce nom fera le tri entre ceux qui ont une réelle demande et ceux pour qui la voie n’est qu’un passe-temps, ou encore ceux qui n’ont pas actuellement l'envergure pour s’y engager.
    ...si nous n’avons jamais eu ne serait-ce qu’un avant-goût de la liberté, l’esclavage est supportable. Je ne vois aucun inconvénient à ce que la majorité demeure endormie et ignorante, car la voie baul en particulier, comme la vie spirituelle en général, implique une certaine souffrance en même temps qu’une certaine extase. Mais si nous demeurons sur la Voie, le prochain aperçu sera plus substantiel. Il durera plus longtemps et sera plus déterminant. Finalement, nous goûterons la mangue entière, avec tout son jus, ses fibres et ses aspérités. La totale. Agonie et extase, en même temps.
    ...
    Il n’y a qu’une seule Vérité et beaucoup d'interprétations possibles de cette unique Vérité : les chrétiens en ont une, les bouddhistes une autre, les hindous encore une autre... Mais la Vérité est une, et elle n’a rien à voir avec les arcs-en-ciel, les arbres verdoyants et les belles fleurs jaunes. En fait, elle est plus proche de la douleur et de la peine, mais nous y viendrons ultérieurement.
    Les gens connaissent déjà la Vérité. La vie spirituelle ne consiste pas à leur enseigner quelque chose qu’ils ne sauraient déjà. Même nos mères savent la vérité. Si nous en venions à avoir une conversation suffisamment profonde avec elles, nous découvririons qu’à un moment de leurs vies elles ont eu une extraordinaire révélation du divin. Chacun ou presque a connu ce genre d’expériences, mais comme elles se situent tout à fait en dehors des repères de la conscience ordinaire, comme elles sont de l’ordre de l'étrange et de l'inconnu, nous avons tendance à les enfermer dans le placard, à tourner la clef puis à reprendre le cours de nos existences endormies.
    De plus, il n’est pas si facile de tirer parti de la Vérité lorsqu’elle point en nous. Peut-être serons-nous capables de la supporter si, dans notre ignorance, nous n’en percevons qu’une fraction infime. Mais si, au lieu de cinq pour cent, nous commençons à en voir dix pour cent, quinze pour cent, trente pour cent... alors elle commence à nous poser un problème, parce qu’elle met en cause notre vision du monde dans ce qu’elle a de statique.
    Bien que nous connaissions déjà la Vérité, certaines choses font barrage : nous pouvons connaître la Vérité, le savoir et cependant ne pas être apte à la vivre dans nos existences quotidiennes. Si nous n’accédons pas à la vérité, c’est essentiellement pour deux raisons :
    1. à cause de notre psychologie primale — l'identification qui se met en place chez le petit enfant à partir de ses projections et de ses attentes vis-à-vis du monde ;
    2. du fait de nos illusions à propos de la vie spirituelle — toutes nos fausses croyances au sujet de la méditation, de la pratique, des différents yogas, des lois fondamentales de l'identification, de la nature du réel et de l'irréel, etc.
    ...
    Dans nos existences ordinaires, nous sommes coupés de la Vérité. Tant que nous nous satisfaisons du statu quo, nous ne pourrons en aucune circonstance réaliser la Vérité. Si nous nous sentons en sécurité, plein de certitudes, jamais nous ne chercherons ou ne réaliserons la Vérité. Si nous dansons les yeux dans les yeux de nos compagnons sur la voie, nous ne trouverons jamais la vérité mais la confondrons avec la sensiblerie et le romantisme. Nous ne chercherons la Vérité que si nous sommes dérangés.
    Par conséquent, la raison d’être du chemin spirituel et la fonction d’un maître spirituel digne de ce nom consiste à nous rendre métaphoriquement malades, à provoquer en nous une crise que seule la Vérité pourra guérir. L’une des manières d’y parvenir sera de travailler avec l'irritation, le conflit et la confusion, ...

    En tant que chercheurs spirituels sincères, nous devons passer par une forme de crise et de perturbation qu’aucun remède n’apaisera. Si, alors, nous aspirons réellement à émerger de cette confusion, nous découvrirons la Vérité en nous-mêmes ; pour cela, cependant, il nous faudra être profondément inspirés et prêts à ne reculer devant rien pour atteindre l'objet de notre quête.
    La vie spirituelle n’est pas à la portée de tous ; elle est à la portée des rares personnes qui ont la force, la lucidité et la détermination nécessaires pour s’immerger dans le courant de l'enseignement et le remonter jusqu’à l'océan.
    Et Gilles Farcet d'ajouter dans l'Avant-Propos de "OUI, et Alors ?" (dialogues avec Arnaud Desjardins) :
    ...
    Plus profond encore demeure le pressentiment de ce que pourrait être l'intimité vraie. Au fil de ses nombreux séminaires, Lee s’est fait dans le monde francophone une réputation de « guru iconoclaste », de provocateur impénitent, d'instructeur vaguement sulfureux, pitre pour les uns, joyau de sagesse pour les autres. . . Tout cela ne relève que de la surface. L'intime vérité de Lee est sans doute celle d’un cœur brisé. Brisé par la vie, par la tragédie et la beauté de cette existence et surtout brisé par son maître, le mendiant fou de Tiruvanamalaï, Yogi Ramsuratkumar qui, comme son disciple, cachait sous une façade pour le moins déconcertante un abîme de sagesse.
    Sans doute est-ce au travers de ses « poèmes d’un cœur brisé » - à ce jour non traduits en français — que Lee se dévoile le plus. Adressés pendant plus d’une décennie à son maître, ces textes qui n'auraient jamais été publiés sans la demande insistante de leur destinataire parlent la langue d’un amour qui brûle les ponts derrière lui. Ils disent l’audace d’une intimité radicale devenue pour Lee le noyau de toute relation. « Si vous avez réussi à aimer vraiment ne serait-ce qu’un seul être humain, votre vie n’aura pas été vaine » affirme-t-il en substance.
    En ceux qui se laissent toucher par ce qu’il est,  instille le virus de l'intimité vraie, la volonté déraisonnable de parvenir, au travers des réactions, rejets, stratégies égoïques et camouflages habituels, à aimer son prochain, à commencer par les plus proches puisque, comme il le dirait encore, il est plus facile de se montrer très humain envers la caissière du supermarché qu’envers sa femme ou ses enfants. Il donne à sentir que la spiritualité vivante est une alchimie dont le creuset se nomme intimité.
    L'intimité ne naît pas de la coexistence plus ou moins pacifique de deux ego mais d’un effacement de la revendication personnelle conduisant à la communion.

    Ajout du 19 janvier 2014

    http://www.babelio.com/livres/Lozowick-Eloge-de-la-folle-sagesse/509713

    http://www.babelio.com/livres/Lozowick-Oui-et-alors/563160

    http://www.babelio.com/liste/1876/Pour-une-spiritualite-laique-novatrice

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    En ce qui concerne le fameux « karma vipaka »...

    … « il y a aussi la réalité élargie qui est cette continuité qu’est la vie, la vie jusqu’à la mort qui n’est qu’une autre sorte de vie jusqu’à la renaissance. Dans ce sens, les choses qui se produisent dans notre existence, au lieu d’être des attaques personnelles perpétrées contre nous deviennent un flot ininterrompu de phénomènes naturels. Le karma n’est pas quelque chose d’humain, c’est l’une des forces qui vont et viennent dans le courant ininterrompu de l'évolution. Parfois, quelque chose arrive et nous pensons : c’est un mauvais karma, mais nous ne dirions pas cela du printemps, de l'automne ou de l’hiver. L’hiver peut être, certaines années, particulièrement rude et il ne nous viendrait pas à l’idée de personnaliser cela en disant que l’hiver est méchant d’arriver. Ce ne sont que les forces de la nature. Le karma, c’est la même chose, alors que nous en faisons quelque chose de personnel. C’est de la physique et la physique traite des forces impersonnelles de l'énergie. »

    p. 209

    Chacun d’entre nous a un chemin différent dans la vie, il y a différents déséquilibres karmiques qu’il faut rééquilibrer. Je ne recommande donc pas aux gens de se mettre dans des situations dangereuses simplement pour pouvoir s’y confronter : la vie nous donnera ce dont nous avons besoin. Nous devons la laisser se déployer comme elle se déploiera de toute manière dans notre cas et accepter ce qui est tel que c’est. Ce n’est pas la peine de chercher des occasions de nous tester, il suffit de faire avec ce que la vie nous donne, et la vie nous donne beaucoup de matière à traiter.

    p. 225

    « OUI, est alors ? », Lee Lozowick, Éditions La Table Ronde © 2001

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    La toute première fois, le maître doit mettre le disciple en dhyana. Plus tard, il apprendra comment le faire lui-même. Réaliser atman est une chose, mais réaliser brahman (l'absolu) en est une autre. »

    « Est-ce qu'on peut le réaliser dans une seule vie ? »

    « Cela se peut, et se fait réellement dans une seule vie ; dès que l'entraînement commence, le progrès continue. Quelquefois on obtient la réalisation sur son lit de mort. Quand je me méprenais sur vous hier et pensais que vous aviez soixante-cinq et non cinquante-cinq ans, comme vous avez réellement, j'avais encore un certain doute... »

    « Quel doute, Bhai Sahib ? »

    « Vous comprenez, bien sûr, qu'il n'est pas approprié de dire aux gens combien de temps ils ont encore à vivre ».

    « Oh, Bhai Sahib ! » interrompis-je « s'il vous plaît, n'allongez pas l'entraînement, maintenant que vous savez que j'ai dix ans de moins ! Ne me donnez pas la réalisation seulement sur mon lit de mort ! » « Non. Car ceux qui sont engagés dans le travail l'obtiennent plus rapidement. Vous savez que tout le karma (loi de cause à effet) doit être brûlé entièrement ; je vous l'ai dit déjà. Vous allez souffrir l'injustice, vous serez attaquée, vous serez blessée ».

    p. 49

    « Si je vous ai compris correctement l'autre jour, l'enseignement est donné selon l'état de l'évolution du shishya et selon son caractère. La Vérité n'est que partiellement révélée, et de plus en plus selon les progrès. Donc si je crois au Karma et à la réincarnation, vous me parlerez en conséquence, mais à L., qui n'y croit pas, vous ne le mentionnerez pas. »

    « C'est sans importance que l'on croit à ces choses, et que l'on croit ou non à la Grande Hiérarchie. Le Karma est. L'évolution est. L'humanité est prise dans cette progression. Que l'on croit à certaines choses ou non, ne fait pas de différence. Je n'ai jamais fait allusion à ces choses devant Miss L.. A quoi cela sert-il ? Dans notre système très libre, ce que les gens croient n'a pas d'importance. »

    p. 58

    Lorsque vous êtes sur le chemin avec ferveur et sérieux, vos karmas sont emportés loin de vous. Vous devez les subir, comme je vous l'ai déjà dit l'autre jour, dans votre physique, ou bien ils reviendront à vous dans vos rêves. Une seconde de souffrance en rêve est comme trois ans de réelle souffrance dans la vie. Lorsque vous êtes sur ce chemin vous accélérez et vous payez pour cela dans vos rêves. Si vous vous tenez à l'écart du chemin, une fois... tous les karmas sont à souffrir pleinement dans votre vie quotidienne. Mais une fois sur le chemin, la grâce de Dieu vous touche, vous emporte et le karma mental se dissoudra en rêves. Les souffrances émotionnelles sont dissipées par la souffrance de l'amour. Mais les karmas physiques doivent être soufferts dans le corps physique, puisqu'on n'en aura pas d'autre. Dès qu'on a trouvé notre Maître, il doit être clair que tout est à résoudre dans le corps qu'on a.

    Si Dieu le veut il existe un lieu que les karmas n'atteignent pas. Là, sa grâce est infinie et les karmas tombent.

    p. 63

    Le soir, nous eûmes une discussion sur la doctrine du karma dont il dit que c'était une croyance enfantine. J'étais plus perdue que jamais. Je me défendis avec des arguments de la logique du karma — qui explique tant de choses qui autrement seraient incompréhensibles. Mais point par point, avec ses claires et brillantes argumentations, il fit tomber toutes mes théories. Son habileté à discuter est dévastatrice ; il cloue le bec...

    « Il est difficile de ne faire qu'un avec le Maître » dit-il.

    p. 139

    30 Mars

    Toute la matinée, assise la seule a me tourmenter propos de la doctrine du karma. Si le karma n'existe pas, comment peut-on expliquer l'ordre de l'univers ? Partout on observe la loi de l'action et de la réaction, la cause produisant des effets. Il admet lui-même l'existence du karma en déclarant que l'attachement au Maître produit un vasana si fort qu'il dure toujours.

    Et qu'est-ce que les vasanas ? Ne sont-elles pas des restes de désirs s’élevant des samskaras (*), comme les impressions des actions en chitta (intelligence universelle).

    « C'est une partie du système », dit le Professeur Batnagar quand nous en avons parle. « Il s'agit de détruire toutes les idées préconçues, et toutes nos croyances qui proviennent de la connaissance livresque et de l’étude. Il se peut que quelques-unes de ces idées trouvent leur confirmation plus tard, mais alors elles seront une expérience vivante ; non plus une connaissance livresque. »

    Si j'ai bien compris un Saint souhaite vous donner quelque chose, et des qu'il vous regarde, le karma ne peut plus vous atteindre. Il fait ce qu'il veut, il peut donner quiconque ses capacités, selon son gré. Les karmas sont destinés aux gens ordinaires qui sont sous l'influence de la loi des causes et des effets ; mais pas guides par des Saints. Les gens ne s'abandonnent pas, on les amène a s'abandonner. Si je peux me permettre un conseil, mettez tous vos doutes et soucis en chambre froide et laissez-les la. Ils disparaîtront un jour, et vous verrez tout ça d'un regard neuf. Ne posez plus de questions ».

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    (*) Impressions des actions dans l'Esprit Universel qui conduisent la roue de la renaissance.

    p. 140

    11 Avril

    Le soir, je le questionnai et appris que la pulsion sexuelle n’était pas réveillée par lui, et son pouvoir, comme je le croyais, mais était latente, en une sorte de vasana puissant. « Les anciens karmas constituent une partie du sang (*). C'est en vous. Ils vous auront ramenée de plus en plus en arrière. Mais, des a présent, ça va se briller de soi-même. De temps en temps, vous allez sentir ce feu dans votre corps. Cette souffrance est un feu purifiant, et vous en avez encore beaucoup besoin. »

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    (*) Les souvenirs inconscients sont emmagasines dans la circulation du sang. CG JUNG (Memories Dreams reflections).

    p. 145

    Bien, pensai-je, ce n'est pas une perspective réjouissante pour ne pas dire autre chose.

    « Lorsque vous rencontrez votre Guide Spirituel, c'est en principe votre dernière vie attachée au karma. Ensuite vous êtes supposée être libre pour aller où le Maître vous envoie. Il y a de nombreux plans à part celui de la Terre où on peut servir. Les disciples doivent être libres. Et si le Maître est puissant, il les amènera à travers les trois plans. Mais l'abandon et l'obéissance absolue sont requis ».

    p. 146

    « Ceux qui se disent des Âmes Réalisées, ne le sont pas. Cela ne se dit jamais. Un Wali (saint soufi) est une personne équilibrée. Il sait que ce monde n'est pas mauvais, et qu'il doit vivre dans deux mondes à la fois ; le spirituel et le physique, durant sa vie sur la terre. Il n'y a ni bien, ni mal pour lui ; le bien et le mal sont des concepts relatifs. »

    « Mais je vous ai souvent entendu condamner les choses de ce monde ! »

    « Parce qu'on doit parler comme ça aux gens ordinaires » dit-il en riant. « Sinon, comment sauraient-ils que courir et se passionner pour les possessions terrestres est néfaste ? Mais pourquoi s'embêter à comprendre cela rationnellement ? L'important est de les réaliser. Seules les choses que nous comprenons à travers les réalisations sont réellement à nous. »

    Et plus tard, je dis : « D'après ce que j'ai compris, avant d'avoir rencontré un maître ou un wali, karma fonctionne, mais dès que le wali vous prend en mains, karma n'est plus valable. »

    « Pas immédiatement ; mais peu à peu, avec le désir qui disparaît, karma disparaît aussi ; et un autre ensemble de karma agit. On fabrique d'autres karmas qui nous attachent au Maître et qui nous amènent à la Réalisation. »

    p. 200

    Si vous croyez au karma, vous souffrez pour lui. Ne croyez-vous pas que les mauvaises actions du passé doivent s'acquitter jusqu'au bout par la souffrance ? »

    « Par ailleurs, si vous ne croyez pas au karma, où est-il ? »

    « Mais ne dites-vous pas vous-même que ce niveau terrestre n'est pas le pire Loka, car on peut y créer le karma ? Alors, ça existe ou non le karma ? Je posai cette question, très embarrassée. « Ne répétez pas ce que j'ai dit », répliqua-t-il sévèrement. « Moi-même je n'ai pas foi en des choses comme le karma ; c'est un non-sens. Et vous ne me suivez pas si vous avez des croyances contraires aux miennes ! »

    p. 214

    30 Août

    En essence, ça se réduit à « Ta Volonté sera faite et non la mienne. » Où est le karma, alors, si on n'est plus celui qui agit ? Abandonner la croyance du karma... Je réalisais que c'était la dernière croyance à laquelle je m'accrochais ; elle expliquait si bien l'ordre et la justice du monde. Mais supposons que l'Univers créé soit au-delà de la justice, et de l'ordre, comme nous le pensons ? Alors ?

    J'en étais toute retournée. Il me dépouille de toutes mes croyances ! Sans rien épargner. Celle-ci était la meilleure, la dernière, la plus logique des croyances, toutes les autres, je les avais perdues en chemin... Je ne sais pas à quelle sorte de Dieu il croit au fond, ou s'il croit même. Absurde ! C'est à cause de l'entraînement, qu'il parle comme ça. Tous les hindouistes croient au karma; ils doivent y croire. Mais apparemment, c'est là que se situe mon erreur : il dit qu'il ne croit pas au karma, bien qu'il soit hindouiste de naissance. Je sais aussi que si vous demandez à un sadhu, ce qu'il pense du travail de karma, il vous répondra : « Le karma est bon pour vous, mais pas pour moi ».

    Une grande peur s'empara de moi ; que restera-t-il si toutes les croyances tombent ? Seul l'amour restera.

    p. 215

    Soudain, claire comme le cristal, une pensée traversa mon esprit : une croyance adoptée peut bien être abandonnée ; après tout, on ne naît pas avec l'idée du karma. On l'accepte ; et ce qui a été accepté peut être rejeté : c'est ainsi qu'est fait l'esprit...

    p. 216

    7 Novembre

    « Karma est destiné aux hommes qui ont été capturés par Lui ? » Je le regardais en essayant de comprendre.

    « Seuls ceux qui sont déjà au-delà du karma, ont le droit de rechercher les lois du karma. C'est seulement lorsque vous avez atteint un certain stade que vous avez le droit de vous informer sur les Lois de la Nature.

    Pendant que nous sommes soumis aux lois du karma, il vaut mieux les laisser tranquilles, autrement, nous n'agirions sûrement que pour obtenir des bons résultats du karma. Cela voudrait dire que le moi réapparaîtrait au plus haut niveau. Nous pouvons planter de la mauvaise herbe, mais il nous est impossible de l'extirper. Nous ferions le bien pour le seul intérêt de le faire ; mais pas pour obtenir un bon karma. »

    p. 238

    Après tout, les Pères de l'Église n'étaient-ils pas très avisés en supprimant toutes les idées de réincarnation ? Sinon, autrement, nous ne ferions pas d'effort dans cette vie ! Pourquoi penser à plus tard ? Seul le moment de MAINTENANT compte ; le futur est bien loin... C'est vrai que nous travaillons tous pour le futur, finalement, qu'y-a-t-il d'autre ? Sinon vous ne seriez pas là. Ne pensez qu'à MAINTENANT, oubliez DEMAIN. »

    p. 255

    « Qu'est-ce que ahimsa ? » a demandé le français Philibert l'autre jour.
    « Le vrai ahimsa ne peut pas vraiment être pratiqué sur le plan physique ; pas complètement du moins et pas par tout le monde. Que se passe-t-il dans les régions où rien ne pousse et que les gens doivent trouver de la viande ou du poisson à manger ? Les insectes que nous écrasons sans le savoir sous nos pieds, les germes que nous avalons et détruisons sont la vie, aussi. Ce que nous devons pratiquer c'est l'ahimsa mental et nous devons le vivre entièrement.
    Ne pas tuer des êtres vivants n'est qu'une conception brute d'ahimsa, car c'est bien davantage. Le vrai ahimsa c'est de ne pas nuire aux sentiments des autres, ni à soi-même. C'est ne pas faire de mal aux autres, et ne pas faire de mal à soi-même ».
     « Comment peut-on nuire à nos propres sentiments ou faire du mal à soi-même ? » voulut savoir le Français.
    « Vous nuisez à vos propres sentiments en vous créant des habitudes. Si, par exemple, vous aimez boire du thé, et ne pouvez pas vous en procurer, vous souffrez, n'est-ce pas ? Alors vos sentiments sont touchés par l'habitude créée. Ne jamais, jamais nuire aux sentiments de personne et ne jamais créer d'habitudes dans le vrai ahimsa, voilà ce qu'il faut faire. En créant des habitudes, nous nous emprisonnons nous-mêmes ; emprisonnement est limitation. Et limitation est douleur ».
    p. 164

    « L'abîme de feu », Irina Tweedie, Édition L'Originel © 2002

    http://www.babelio.com/livres/Tweedie-Labime-de-feu-Lenseignement-dun-maitre-soufi/681143

    (ajout de note du 27 janvier 2015)

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    Conscient de ma propre "indigence humaine", même si quelques compréhensions de la dimension de l'Être ou Esprit non-duel fondamental m'habitent parfois, n'ayant point de réelles expériences vécues à ce sujet, n'étant sans doute guère convaincant pour autrui, échoué sur un rivage après tempête, je regarde la Vie se mouvoir, se dérouler et s'enrouler, vagues après vagues sur l'horizon à perte de vue ... rien de plus.

    « Itinéraires étoilés »

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