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Camisard

  • « Les rencontres d'Assise trente ans plus tard »

     

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    Chapelle de Trappe ; Notre-Dame des Neiges - Saint Laurent les Bains en Ardèche

     

    “L'Esprit de Jésus de Nazareth était-il présent à Assise le 27 octobre 1986, sur les terres de François ? ”

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    (dessin Childéric Maitrot © 20 août 2017)

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    (page 32. bis de « Paix aux hommes de bonne volonté » “Les grandes religions au rendez-vous d'Assise – 27 octobre 1986”  édi. Centurion © 1986)

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  • Metteya

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    Metteya (ou Maitreya en sanskrit)

     

    On dit que le Bouddha du futur, Maitreya, est le Bouddha de l'amour. Nous pratiquons pour que son apparition devienne réalité. Nous préparons le terrain pour ce futur Bouddha. Le Bouddha du futur sera peut-être une Sangha, une communauté de pratique, une communauté de gens qui partagent les mêmes valeurs, et pas seulement une personne, parce que l'amour doit être pratiqué collectivement. Nous avons besoin les uns des autres pour que la pratique collective de l'amour devienne une réalité.
    p. 67
    L'amour peut aussi être décrit comme la foi, car la foi est une source d'énergie qui nous donne de la force. L'amour et la foi doivent aussi être cultivés. Ce ne sont pas seulement des idées ou l'adhésion à des concepts et à des dogmes. L'amour est quelque chose de vivant, de même que la foi. En aimant, vous apprenez beaucoup. Vous aimez mieux, vous faites moins d'erreurs. Vous êtes plus souvent heureux et vous rendez les autres heureux, ce qui renforce votre foi en votre capacité d'aimer. La foi est donc faite d'éléments très concrets — votre vraie expérience spirituelle, votre expérience de la vie quotidienne. Et cette foi n'est pas prisonnière d'une idée, d'un dogme ou d'une doctrine. La foi est le résultat de votre vie. Elle grandit. A mesure que la foi grandit, vous continuez à recevoir de l'énergie car la foi est aussi une énergie d'amour. En examinant profondément dans la nature de notre amour, nous y verrons aussi notre foi. Et avec cette foi en nous-mêmes, nous n'avons plus peur de rien. Ceux qui ne croient en rien sont ceux qui souffrent le plus. Ils ne voient rien de vrai, de beau ou de bon. Ils sont dans la confusion la plus totale. C'est certainement la souffrance la plus profonde »

    p. 68
    « Bouddha et Jésus sont des Frères », Thich Nhat Hanh, Éditions Le Relié © mai 2001


    Si vous pouvez vous asseoir à côté d'une personne mourante en étant calme et totalement présent, corps, âme et esprit, vous l'aiderez à mourir dans la liberté.
    p. 147

    Ce corps n'est pas moi ; je ne suis pas prisonnier de ce corps,
    Je suis la vie sans frontières.
    Je ne suis jamais né et je ne mourrai jamais.
    Le vaste océan et le ciel aux multiples galaxies
    Se manifestent à partir de la conscience.
    Depuis le temps sans commencement, j'ai toujours été libre.
    La naissance et la mort ne sont que des portes par lesquelles nous passons.
    La naissance et la mort ne sont qu'un jeu de cache-cache.
    Alors, souris-moi, prends-moi la main et dis-moi au revoir.
    Nous allons nous revoir. Nous n'allons pas cesser de nous retrouver à la source véritable,
    De nous rencontrer sur des myriades de chemins de vie.

    (On peut reprendre le premier vers en disant : « Ces yeux... Ces oreilles... Ce nez... Cette langue... Cet esprit... Ces formes... Ces sons..., etc., au lieu de "ce corps". Ces yeux ne sont pas moi, je ne suis pas prisonnier de ces yeux...).
    p. 142


    Le Bouddha accepta l'invitation d'Anathapindika de se rendre à Shravasti, la capitale du royaume du Koshala et Anathapindika s'en fut alors préparer sa venue. Et comme il avait besoin d'un moine pour l'aider, il demanda au Bouddha d'autoriser le vénérable Shariputra à l'accompagner, ce que le Bouddha accepta volontiers. Shariputra et Anathapindika, un moine et un laïc, devinrent très vite de bons amis.
    Certains pensent que les moines ne peuvent fréquenter que d'autres moines, et les laïcs seulement des laïcs. Mais ce n'est pas vrai. Si les moines comme les laïcs sont motivés par un désir profond de pratiquer les entraînements à la pleine conscience et le regard profond, ils peuvent devenir des amis et des compagnons de travail et de pratique très intimes. Il n'y a pas de discrimination. Un moine peut être un bon moine, un bon laïc peut être un bon laïc et ils peuvent aussi être des amis proches.
    p. 134

    « Il n'y a ni mort ni peur », Thich Nhat Hanh, Éditions Pocket © novembre 2013

     


    Si nous sommes en pleine conscience, vivant profondément chaque instant de notre vie quotidienne, nous verrons peut-être que chacun et chaque chose autour de nous est notre demeure. Ne voyez-vous pas que l’air que nous respirons est notre demeure ? Ne voyez-vous pas que le ciel bleu, les fleuves, les montagnes, les gens autour de nous, les arbres et les animaux sont notre vraie demeure ? La vague qui regarde profondément en elle s’aperçoit qu’elle est faite de toutes les autres vagues, si bien qu’elle ne se sent plus coupée du reste du monde. Elle sait reconnaître que les autres vagues sont aussi « chez elle ». Quand vous pratiquez la marche méditative, marchez de manière à reconnaître votre demeure, ici et maintenant. Voyez les arbres comme votre demeure, l’air comme votre demeure, le ciel bleu comme votre demeure et la terre sur laquelle vous marchez comme votre demeure.
    p. 34

    Mais 1orsqu’on va dans l’autre dimension, la dimension ultime, la dimension des noumènes, il faut être très prudent. Dans cette dimension, l’eau ne peut être confondue avec toutes les vagues. Il y a une relation causale, mais cette relation est différente. C'est pourquoi l'eau ne doit pas être considérée de la même façon que les vagues ou au même niveau. C’est ce qu’on appelle dans la tradition bouddhiste « l'investigation séparée des noumènes et des phénomènes* ». Cette conscience est très claire.

    Ne vous laissez pas enfermer par les mots.
    p. 132

    De personne à personne

    Bien sûr, chaque vague fait partie de toutes les autres vagues. Chaque être vivant est relié à tous les autres êtres vivants. Jésus est une vague, comme vous et moi, comme le Bouddha, parce que vous pouvez le toucher en tant que vague dans la dimension historique. On peut le considérer d’abord comme un maître, un être humain et le Fils de l’Homme. En même temps, il est le Fils de Dieu.
    Mais examinons-le maintenant en tant que fils de l’Homme. Il possède alors les cinq éléments : la forme, les sensations, les perceptions, les formations mentales et la conscience. Nous pouvons le toucher en tant que vague, en tant qu’être humain et il y a une relation entre nous et lui. Je connais un prêtre catholique qui a dit que Jésus est notre frère. Alors qu’il célébrait l’Eucharistie en ma présence, il a invoqué Jésus en disant « notre frère ». Cela signifie que dans la dimension historique nous sommes des frères et des sœurs les uns pour les...
    p. 133

    … autres. Nous sommes des pères et des mères les uns pour les autres parce que nous sommes tous des fils et des filles de l’Humanité. La relation que nous avons avec Jésus est donc une relation de personne à personne.
    Cette personne est quelqu’un d’extraordinaire : il est un maître qui porte la Voie en lui : « Je suis la Voie. » Et la Voie est le Tao. La Voie est le Dharma.
    Le Dharma est profond et merveilleux. Du fait que la Voie et le Dharma sont en Jésus, il est notre maître. Il est devenu notre maître. Jésus est notre Seigneur parce qu’il incarne la Voie, il incarne le Dharma. Il y a de l’amour entre nous deux. « Jésus m’aime, je le sais. » Nous le savons parce que Jésus est avant tout le fils de l’Homme, un être vivant. Il est fait des cinq éléments et nous pouvons voir la nature de l'amour qui existe entre nous. Aimez votre maître, aimez vos disciples. C’est ce que nous pratiquons chaque jour. En tant que maître, nous pratiquons l'amour envers nos disciples, et nous pratiquons en tant que disciples, en aimant notre maître. C’est la raison pour laquelle nous offrons une tasse de thé à notre maître, nous nous soucions de sa santé et de savoir s’i1 a pris son petit déjeuner et bien dormi. Nous nous soucions de son bien-être et lui souhaitons de ne pas avoir trop de problèmes ou de disciples difficiles.
    Nous connaissons la nature de notre amour. Aimer Jésus est quelque chose que nous pouvons expérimenter. Nous avons besoin de notre maître, nous avons besoin de nos disciples, et leur présence...
    p. 134
    … nous rend heureux. Cet amour est tangible, palpable et concevable.

    Pouvez-vous imaginer Jésus en train de leur dire : « Non, en Europe nous avons déjà le christianisme et je trouve que ce ne serait pas bien de vouloir propager une nouvelle “croyance**” sur cette terre. » On peut imaginer toutes sortes de propositions et de réactions.

    Lors d’une conférence qui a eu lieu à Lille, dans le nord de la France, j’ai expliqué qu’on pouvait voir le Bouddha et Jésus assis ensemble en train de prendre le thé. Puis, le Bouddha se tourne vers Jésus et lui dit : « Mon cher frère, ne trouves-tu pas qu’il est plus difficile aujourd’hui d’être direct, sans peur et d’aider les gens à comprendre et à aimer ? » C’est une question que le Bouddha pourrait poser à Jésus.
    Jésus ne connaissait pas la peur et il était très direct. Ce maître avait une immense capacité d’aimer, de guérir et de pardonner. Voici la première question que le Bouddha pourrait lui poser : « Mon cher frère Jésus, est-ce vraiment si difficile aujourd’hui ? » Et voici comment il continuerait : « Que puis-je faire pour t’aider, mon frère ? » Comment faire en sorte que la pratique soit toujours comprise, acceptée et efficace pour reconstruire ce qui a été anéanti et restaurer ce qui a été perdu : la foi, le courage et l’ amour ?
    Jésus, c’est tous ceux qui, dans les Églises orthodoxe, catholique, protestantes et anglicanes essaient d’aider les gens à comprendre, à accepter, à vivre et à pratiquer de telle sorte que l’amour et l’acceptation redeviennent possibles. Jésus est toutes ces ...
    p. 175

    … personnes qui se demandent comment faire pour que le message du Christ soit mieux reçu et mieux compris aujourd'hui.
    Le Bouddha pose à Jésus une question très concrète. Il lui pose la question de la pratique parce qu’il veut connaître sa réponse. Aujourd’hui, il a aussi des difficultés à faire tout ce qu’il faisait il y a vingt-cinq siècles en Inde. Dans sa tradition, on a tendance à trop parler de l’enseignement. Les gens se sont égarés en inventant trop de choses et en s’occupant trop de l'organisation. Ils ont perdu la véritable essence du Dharma. Ils enseignent et pratiquent dans des formes archaïques qui n’ont pas réussi à transmettre le véritable enseignement aux futures générations.
    En posant cette question à Jésus, le Bouddha se pose en même temps cette question : comment peut-on renouveler le bouddhisme en tant que tradition spirituelle ? Comment le bouddhisme peut-il incarner le véritable esprit du Dharma ? Comment la pratique peut-elle générer la véritable énergie de l'amour, de la compassion et de la compréhension ?
    Le Bouddha et Jésus sont deux frères qui doivent s’aider mutuellement. Le bouddhisme a besoin d’aide. Le christianisme a besoin d’aide, non pas pour le bien du bouddhisme, non pas pour le bien du christianisme, mais pour le bien de l'humanité et pour le bien des autres espèces sur la Terre. Nous vivons à une époque dominée par l'individualisme, la violence et l’ignorance. Les gens ne se comprennent plus les uns les autres ; ils ne sont plus capables de se parler et de communiquer ensemble. Nous vivons une époque où la destruction est par tout...
    p. 176

    … , où beaucoup de gens sont au bord du désespoir. C’est pourquoi le Bouddha a besoin d’aide, de même que Jésus.
    Au lieu de les opposer, invitons-les ensemble chaque jour, chaque matin, chaque après-midi et chaque soir comme deux vrais frères. Leur rencontre est un espoir pour le monde.
    Le Bouddha et Jésus doivent se rencontrer à chaque instant en nous. Dans notre pratique quotidienne nous avons besoin de toucher l’esprit du Bouddha et l’esprit de Jésus pour qu’ils se manifestent. Nous avons besoin de leurs énergies pour pouvoir embrasser notre peur, notre désespoir et notre anxiété.
    Pour Jésus comme pour le Bouddha, il est possible de retrouver la paix et l’espoir. Cette paix, cette solidité et cet espoir sont pour ceux que nous aimons et qui vivent autour de nous. Chaque pas que vous faites dans la direction de la paix, chaque sourire sur vos lèvres, chaque regard aimant inspire et aide les gens qui vous entourent à avoir foi en l’avenir.
    C’est pourquoi le Bouddha devrait aider Jésus à se rétablir complètement et Jésus devrait aider le Bouddha à se rétablir complètement, parce que Jésus et le Bouddha ne sont pas des concepts. Ils sont vivants, autour de nous et vous pouvez les toucher dans votre vie quotidienne.
    p. 177

    Nombreuses sont les personnes, particulièrement dans les milieux chrétiens, qui voient des points communs entre le christianisme et le bouddhisme. Mais pour d'autres les fondements philosophiques du christianisme et du bouddhisme sont très différents. Le bouddhisme parle de renaissance, d'avoir plusieurs vies ; tandis que selon le christianisme vous n'avez qu'une vie, celle-ci. Le bouddhisme enseigne qu'il n'y a pas de soi et le christianisme qu'il y a un vrai soi. Le bouddhisme enseigne la vacuité, la non-substance, tandis que le christianisme confirme la réalité de l'existence. Comme la base philosophique est très différente, certains en concluent que la pratique de la compassion et de la bienveillance dans le bouddhisme est forcément différente de la charité et de l'amour dans le christianisme. C'est à mon sens une façon très superficielle de voir les choses. En approfondissant notre pratique dans notre propre tradition, nous verrons que ces questions ne sont pas fondées.
    Pour commencer, il y a de nombreuses formes de bouddhisme et bien des manières de le comprendre. Prenez cent personnes qui pratiquent le bouddhisme et vous aurez cent formes différentes de bouddhisme. Il en est de même du christianisme. Prenez cent mille personnes qui pratiquent le christianisme et vous aurez peut-être cent mille façons de comprendre le christianisme.
    Au Village des Pruniers, où de nombreuses personnes venant de différentes traditions viennent pratiquer, il n'est pas rare qu'un bouddhiste trouve ...
    p. 19
    ... un chrétien plus bouddhiste qu’un autre bouddhiste. Je vois un bouddhiste, mais sa manière de comprendre le bouddhisme est assez différente de la mienne. Et quand je regarde un chrétien, je vois que sa façon de comprendre le christianisme et de pratiquer l’amour et la charité est plus proche de ma façon de pratiquer que celle de cet homme que l’on dit bouddhiste.
    C’est tout aussi vrai du christianisme. Vous pouvez vous sentir très éloigné de votre frère chrétien. Vous pensez que le frère qui pratique dans la tradition bouddhiste est bien plus proche de vous comme chrétien. Le bouddhisme n’est donc pas le bouddhisme et le christianisme n’est donc pas le christianisme. Il existe de nombreuses formes de bouddhisme et de nombreuses façons de comprendre le bouddhisme. De même, il y a bien des manières de comprendre le christianisme. C’est pourquoi il faut se défaire de toute idée préconçue sur le christianisme et le bouddhisme.

    Nous ne cherchons pas à dire que le bouddhisme est une forme de christianisme ou le christianisme une forme de bouddhisme. Une mangue n’est pas une orange. Je ne peux pas dire qu’une mangue est une orange. Il y a des différences. Il faut préserver les différences. C’est bien d’avoir des différences. Vive la différence ! Mais quand vous observez profondément la mangue et l'orange, vous voyez que bien que différentes, elles sont toutes deux des fruits. Si vous analysez encore plus profondément la mangue et l'orange, vous verrez qu’elles contiennent les mêmes éléments, comme le soleil, les nuages, du sucre et de l’acidité. Si vous passez encore...
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    ... plus de temps à les regarder profondément, vous découvrirez que la seule différence entre elles tient au degré, à l’accentuation. A première vue, vous voyez les différences entre l'orange et la mangue ; mais un examen approfondi vous révèle tout ce qu’elles ont en commun. Dans l'orange vous trouvez de l’acidité et du sucre, qui sont aussi présents dans la mangue, Même deux oranges ont un goût différent, l'une étant plus acide ou plus sucrée que l’autre.
    p. 21

    « Bouddha et Jésus sont des Frères », Thich Nhat Hanh, Éditions Le Relié © mai 2001

    * (Du phénomène au noumène :
    Alors dans le bouddhisme, il y a des écoles qui se spécialisent sur l'étude de l'ontologie, et d'autres écoles se spécialisent sur l'étude des différences des phénomènes. En général, on étudie séparément. Quand on étudie l'ontologie, on ne parle que de l'ontologie, et quand on étudie les phénomènes, on ne parle que des phénomènes, et on ne mélange pas les deux. Alors quand on parle de la relation des causes et effets, il ne faut pas mettre Dieu là dedans, et quand on parle de Dieu, on ne peut pas mettre la loi des causes à effet, du karma, dedans, parce que quand on parle des vagues, on peut dire que la vague monte descend, elle est petite, elle est grande, mais quand on parle de l'eau, on ne peut pas utiliser tous les qualificatifs comme haut, bas, grand, petit. Les qualificatifs qu'on utilise pour la vague sont inutilisables pour qualifier l'eau. Et tout ce qu'on utilise pour parler des phénomènes, on ne peut pas l'utiliser pour parler de Dieu, alors il faut respecter ce principe de l'investigation séparée des phénomènes et de l'ontologie, ou bien des noumènes et des phénomènes. Mais dans le bouddhisme, il y a une connexion entre le noumène et le phénomène. Au début, on étudie les phénomènes, on étudie les cinq skandhas, on va en profondeur dans les cinq skandhas, on étudie la différence, et puis à partir de la différence, on a l'opportunité d'entrer dans l'ontologie. Par exemple, au début, on regarde la fleur, et on étudie les éléments qui font la fleur, comme le soleil, le nuage, la terre, la semence, le jardinier. On étudie les phénomènes, et puis plus tard on entre dans le domaine de l'ontologie, on voit que non seulement les fleurs n'ont pas de nature propre, mais les éléments qui font la fleur non plus. Donc, en suivant le phénomène, on entre dans le noumène. De l'investigation des phénomènes, on touche la nature des noumènes. Ces choses sont liées à l'éthique bouddhique, parce que c'est le fondement, et cela fait partie de la méta-éthique. Comment appliquer cela quand on parle du bon et du mauvais. Premièrement, on dit que le bien une appellation, une désignation conventionnelle. Ensuite, on arrive à la deuxième investigation, c'est à dire, le bien, qu'est-ce que c'est ? Ce qu'on appelle comme le bien, qu'est-ce que c'est ? Et on cherche la nature du bien. Qu'est-ce que le bien, qu'est-ce que vous voulez dire par “le bien” ? Et c'est un sujet de la méta-éthique. Qu'est-ce que vous voulez dire par “le bien” ? Qu'est-ce que vous voulez dire par “le mal” ? Et lorsque l'on va en profondeur, selon le bouddhisme, on voit que le bien est fait du mal, que le bien est fait de non-bien, et à ce moment-là, on n'a pas une attitude fanatique. Dans des religions, on identifie le bien avec Dieu. D'un côté c'est le bien, de l'autre côté c'est le mal, et le bien fait partie de Dieu, ce côté, et puis le mal se trouve dans le côté qui s'oppose, et le mal c'est Satan, c'est le diable(1). Mais dans la méta-éthique bouddhique, l'absolu, le fondement de la réalité des choses, transcende les concepts du mal et du bien. La vacuité est la non-naissance, la non-mort, la non-pureté, la non-impureté, c'est cela la vraie vacuité, mais la plupart des chrétiens identifient le bien avec Dieu. Lorsque nous investiguons le bien, il faut voir le bien n'est fait que de non-bien, et ce n'est qu'une appellation, et ce n'est pas absolu. Dans le soutra du cœur, il est dit que la vacuité, la nature vide de toute chose, transcende toutes les notions de pureté, d'impureté, comme le lotus pousse dans la boue : sans la boue, il n'y aurait pas de lotus, et si nous courrons derrière le lotus en abandonnant la boue, alors ce n'est pas une attitude intelligente, parce que si nous éliminons toute la boue, le lotus ne sera plus là, et c'est pareil pour la souffrance et le bonheur. Si nous fuyons la souffrance et nous courrons derrière le bonheur, on ne pourra jamais l'attraper car le bonheur est fait de la souffrance. Le lotus a besoin de la boue, et si nous voulons le bonheur, il faut traverser la souffrance. Donc, si nous regardons la souffrance d'un autre regard, le regard non-dualiste, c'est-à-dire que si nous voyons la nature de l'inter-être de la souffrance et du bonheur, comme du gauche et du droit, alors nous voyons que l'attitude de fuir une chose pour courir derrière une autre chose est une attitude dualiste. Nous voyons très clairement que nous avons toujours la tendance à fuir la souffrance pour poursuivre le bonheur, sans savoir que c'est la souffrance qui nous apporte la compréhension et l'amour. Si vous ne souffrez pas, si vous ne regardez pas profondément la souffrance, le désespoir, comment pouvez-vous avoir l'amour et la compréhension ? Sans amour et sans compréhension, vous ne serez jamais heureux, c'est comme si vous ne vouliez pas planter le lotus dans la boue. En nous, il y a la septième conscience qui fuit toujours la souffrance pour chercher le bonheur, sans savoir que la souffrance est très utile. La souffrance peut-être un bienfait, et en regardant la souffrance de ce regard, nous n'aurons plus peur, et nous pouvons l'embrasser pour grandir. Ainsi, le bonheur apparaît avec l'arrière-plan de la souffrance. Si vous ne connaissez pas la faim, vous n'apprécierez jamais la nourriture. Et toutes les idées sur le bien, le mal, le vrai, le faux, premièrement, tout cela, ce ne sont que des mots, il faut arriver à la réalité, et quand on arrive à la réalité, on comprend que cette réalité est faite des autres réalités. Alors le bien, le mal, dans le bouddhisme sont très relatifs. La méta-éthique est un sujet très profond.

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    (1) Diable ou Satan sont des mots équivalent. Diable vient du grec qui signifie “diviseur (ou dualité), calomniateur, accusateur”, Satan vient de l'hébreu signifiant “l'adversaire”.
    Nous pouvons rapprocher cela du terme “Maya”, ou “l'illusoire”, dans le sens de l'absence de nature propre des phénomènes des forces gravitatives.

     

    http://www.babelio.com/livres/Vincent-La-chair-et-le-diable/160971

    http://fleursdudharma.com/transcriptions/retraite-hiver-2008-2009/01-22-2009.php

    ** Nous devons ici entendre bien évidement le terme “croyance” comme synonyme de Chemin de Spiritualité.

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    Alors que la manifestation physique de Thich Nhat Hanh décline et va inexorablement vers son extinction prochaine (comme nous tous d'ailleurs ! Et en sommes-nous vraiment conscient ?), voilà ce que nous disons aujourd'hui :
    Il faudra bien un jour élargir les mots étriqués et révéler la profondeur du sens élargit, Dharma, bodhisattva, « Walîy », Dieu, « serviteur de Christ », « wicasa-wakan et winyan-wakan de Wakantanka » ainsi que la « sangha » de fraternité d'Êtres-Humains... si l'on veut sortir de l'ornière de l’intolérance, du rejet primaire, et sa cohorte criminelle de souffrances stupides et de gâchis qui se génère dans les tares congénitales du fondamentalisme. Il faudra bien arrêter de flirter avec la duplicité ravageuse entre le paraître et le factuel*. Faute de quoi l’ambiguïté “entre le discourt et l'attitude” finira dans son hypocrisie avérée par nous engloutir vers les ténèbres et ses abysses... dont nul ne sait si nous en reviendrons... !

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    * (De nos jours, il est fréquent de rencontrer des gens qui mêlent et mélangent les religions selon leur convenance. Pour montrer qu’ils ne sont pas sectaires, ils essaient d’expliquer les concepts chrétiens du point de vue du Bouddha, ou de dénicher des parallèles entre le bouddhisme et le soufisme, ou entre le zen et les affaires. Forcément, on pourra toujours trouver de petites ressemblances entre deux choses, quelles qu’elles soient, mais pour ma part je ne vois pas la nécessité de ces comparaisons. Si les religions s'inspirent toutes d’une sorte de motivation philanthropique et visent généralement à alléger la souffrance des êtres, il existe entre elles des différences fondamentales.
    p. 221)
    « N'est pas bouddhiste qui veut », Dzongsar Jamyang Khyentsé, Éditions Nil © 2008

     

    http://www.babelio.com/livres/Dzongsar-Jamyang-Khyentse-Nest-pas-bouddhiste-qui-veut/82894

    – Les traditions spirituelles authentiques sont nées dans le temps biologique de divers endroits géographiques et culturels de notre Terre, pour tenter de porter l'Humain vers ses dimensions intérieures les plus dignes de son humanité. Elles ont à ce titre diverses formes, diverses expressions, diverses natures d’appréhender sont objet, comme ce qui se trouve au pied d'un immense massif montagneux, une grande variété de configuration. Si l'on reste à la base cela restera ce qui est effectivement ! Mais plus ont gravit ce massif, plus les différences s'amenuisent et s'interpénètrent dans un écosystème allant vers une unicité plus on s'approche de la partie sommitale.
    Dès lors que l'on reste à une notion de “mélange confusionnel”, c'est à la base primale que l'on s'adresse, donc un niveau finalement de peu d'intérêt, du commun pourrait on dire, c'est se mettre à ce niveau là. Lorsque la conscience chemine vers sont épanouissement intérieur toutes ses différences s'estompent de plus en plus et le “langage” que porte une tradition ou une autre devient de plus en plus clair.
    Alors bien sûr il faut partir d'une base, certes, sauf qu'à notre époque de réductions des distances du fait des communications, physiques, culturelles et médias divers, de l'éducation avancée, cela change complètement la donne.
    L'humanité d'aujourd'hui se dirige inexorablement vers une approche multi-culturelle, où selon l'esprit d'ouverture des uns et des autres le cheminement d'un point de base particulier ou multiple, selon la situation ponctuelle, se fera. Et c'est bien ce que haï le fondamentalisme, une angoisse irrépressible du devenir et intolérante, dans lequel les “cadres héritiers” sont beaucoup plus proche de leur statu mondain recroquevillés sur eux mêmes sur la base primale des “privilèges” de leur charge, que d'une quelconque actualisation spirituelle vrai et authentique, qui elle s'adapte toujours quelque soit la situation, c'est sa marque de qualité majeure !
    Ainsi aujourd'hui pour qu'il y ait un demain, il nous faut envisager de partager le contenu des traditions spirituelles et connaissances des sciences dans ce qui les unis vers l'accomplissement de la dignité de l'humain, avec les chercheurs qualifiés. Et laisser les personnes libres de faire le choix du cheminement qui leur convient, libre de s'imprégner de toutes traditions et autres connaissances qui leur permettent d’accéder à ce bien le plus précieux, notre dignité humaine en lumière !
    Je dirais aux Traditions, “ouvrez grandes vos portes” sous peine que nous soyons tous plus ou moins damnés par manque de courage et d'A/mour de la Vie dont nous avons hérité, et avons la charge en conscience !

    À Taizé, une voie et une "voix" en exemple à suivre ... ?
    « Ce dimanche matin, 4000 personnes venues de toute l'Europe, parfois d'Asie, d'Amérique Latine ou de Bourgogne ont fait le déplacement à Taizé pour la prière pascale. Le temps de l'eucharistie, qu'ils soient catholiques, protestants, orthodoxes, juifs, musulmans ou athées, tous ont été dans la paix du Christ. »

    http://www.lejsl.com/edition-macon/2016/03/27/4-000-personnes-dans-la-paix-du-christ-pour-paques

    La Spiritualité de l'Homme est quelque chose de beaucoup trop important pour qu'elle soit laissée à la “discrétion” exclusive du “monde religieux”, cela concerne tout Humain, en conscience ou pas !

    http://www.babelio.com/livres/Pelt-Dieu-de-lunivers-Science-et-foi/41756

    http://www.babelio.com/livres/Pelt-Nature-et-spiritualite/826068

    http://www.babelio.com/livres/Pelt-Les-dons-precieux-de-la-nature/200763/critiques/1307250

    http://www.babelio.com/livres/Krishnamurti-Dernier-journal/81337
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    (note du 4 XII 2015)

    http://www.babelio.com/livres/Vincent-Le-coeur-des-autres--Biologie-de-la-compassion/265569

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    abomination et tristesse devant ce que l'humain peu générer de pire, le fanatisme

     

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    Luz : « On se reconstruit avec la beauté que les autres vous offrent, pas avec la haine et la vengeance. Certainement pas.

    L’amour du prochain est une absurdité faite pour rassurer les hypocrites. Ce qui est important, c’est de ne pas avoir de haine. Ce n’est pas "l'amour", c’est la non-haine. »

    http://www.comixtrip.fr/dossiers/luz-on-se-reconstruit-beaute-autres-offrent-haine-vengeance/

     

     https://www.facebook.com/trinlay.rinpoche/posts/10205726591463494?pnref=story

     

    «Quand "l'animalité hante l'humain", certains s'y soumettent avec délice, ils divinisent les animaux et diabolisent les hommes. Tandis que d'autres combattent la bestialité tapie dans notre corps et dans notre inconscient, ou celle qu'ils attribuent aux autres afin de les éliminer. L'image des êtres vivants s'étire entre la machine et l'ange. Il ne faudrait pas qu'on nous la déchire.

    Peut-être l'éthologie inventera-t-elle une nouvelle vision des êtres vivants où l'homme ne cessera de naître, d'abord dans l'animalité, puis dans la parole, enfin dans la technique où il construit son habitat sans cesse à renouveler.

    Car l'homme est le seul animal capable d'échapper à la condition animale.»

    http://www.babelio.com/livres/Cyrulnik-Lensorcellement-du-monde/2326

    (« L'Ensorcellement du monde », Boris Cyrulnik, éd. Odile Jacob © 2001, p. 278-279)

    https://www.facebook.com/trinlay.rinpoche/posts/10205730101311238?pnref=story

     

    Bouleversé, Aymeric Caron rend hommage à Charlie Hebdo

    «Ceux qui chantent la Marseillaise pour Charlie Hebdo, ils ont rien compris. Parce que Charlie Hebdo, « qu’un sang impur abreuve nos sillons », Cabu il aurait été : « Mais qu’est-ce que c’est que ces cons-là ? Pourquoi ils me dérangent là ? Je leur ai rien fait, moi », s'emporte-t-il.

    La présentatrice du Supplément, Maïtena Biraben, lui répond qu'il s'agit maintenant de défendre « une certaine liberté de la presse ». Ce à quoi Daniel Cohn-Bendit répond : «Il faut respecter Charlie Hebdo ! ».
    Des propos qui résonnent avec ceux du dessinateur Luz. Interviewé longuement par Les Inrocks ce week-end, l'un des survivants de Charlie Hebdo expliquait : «La charge symbolique actuelle est tout ce contre quoi Charlie a toujours travaillé : détruire les symboles, faire tomber les tabous, mettre à plat les fantasmes. Les colombes de la paix et autres métaphores du monde en guerre, ce n'est pas notre truc.On doit porter une responsabilité symbolique qui n'est pas inscrite dans le dessin de Charlie».

    https://fr.tv.yahoo.com/news/daniel-cohn-bendit-sen-prend-ceux-chantent-marseillaise-195149837.html

    L'écrivain Salman Rushdie a ajouté sa voix à celles des défenseurs de la liberté d'expression. L'auteur des Versets sataniques, contraint de vivre près de dix ans dans la clandestinité après une fatwa émise contre lui par l'ayatollah Khomeini en 1989, a exprimé sa «solidarité à Charlie Hebdo» dans un communiqué partagé sur Twitter, encourageant chacun à «défendre l'art de la satire».

    «Je suis solidaire avec Charlie Hebdo, comme nous devons l'être tous, explique l'auteur, pour défendre l'art de la satire, qui a toujours été une arme de la liberté contre la tyrannie, la malhonnêteté et la bêtise. ‘Respect pour la religion' est devenu un nom de code pour dire 'Peur de la religion'. La critique, la satire et, oui, notre irrévérence intrépide doivent pouvoir s'appliquer aux religions».
    «La religion devient une menace pour notre liberté»

    «Combinée aux armements modernes, la religion, une forme médiévale de la déraison, devient une vraie menace pour notre liberté, continue-t-il. Ce totalitarisme religieux a provoqué une mutation mortelle au cœur de l'islam et nous en voyons les conséquences tragiques aujourd'hui à Paris.»

    http://www.lefigaro.fr/livres/2015/01/09/03005-20150109ARTFIG00118--charlie-hebdo-salman-rushdie-defend-l-art-de-la-satire.php

    À travers les grandes spiritualités du monde

    Cheikh Bentounès est le maître spirituel de la confrérie Alawiya, confrérie soufie aux antipodes de tous les intégrismes. Il vit un islam mystique dans une profonde union à Dieu, et déplore que les intégristes imposent un ordre qu'ils veulent immuable, oubliant ainsi que « la religion interprétée à la lettre n'enseigne que des vérités superficielles, sources de bien des drames ». La véritable spiritualité est à ses yeux recherche permanente de la réalité du Message pour savourer, dans le partage et la richesse de la vie, l'intarissable flux du divin qu'elle porte en elle. Aussi jette-t-il sur l'évolution actuellement perceptible dans le monde des religions un regard sévère : « Aujourd'hui, les religions sont devenues des prisons pour l'esprit ; l'aspect extérieur a pris tellement d'importance que l'homme ne peut s'y épanouir* ; les soufis se sentent proches de toutes les créatures, au-delà de toutes les religions. Chaque être a reçu le divin en dépôt, tout le monde aspire au bonheur ; certains le recherchent dans l'argent, le pouvoir ou dans le salut d'une religion. Ce sont là des moyens illusoires. Une seule chose peut réellement apaiser et apporter le bonheur : c'est de vivre dans l'union et non dans la séparation, dans la perpétuelle contemplation du divin. Telle est au fond notre véritable nature(1). » Goûtons cet hymne à la paix de mon ami Bentounès, témoin contemporain de la haute et flamboyante spiritualité de l'islam soufi :

    L'islam : toute chose dans la main de Dieu
    « Elle est la fleur au parfum enivrant du jardin de la quiétude.
    Elle est le mouvement d'amour qui submerge et unit les cœurs de pardon et de mansuétude.
    Elle est la monture du héros qui combat l'intolérance.
    Elle est la méditation suprême du sage noyé dans l'éternelle présence.
    Elle est la plume du savant qui éveille et transmet la connaissance.
    Elle est l'encre de l'alphabet céleste, mystère de l'essence.
    Elle est la fondation de la demeure de la justice et de la dignité.
    Elle est la force salvatrice des hommes contre la monstruosité.
    Elle est le remède du cœur face à l'angoisse des âmes agitées.
    Elle est l'hymne des chérubins qui portent le trône divin.
    Elle est le nom béni de Dieu invoqué par toute la Création [...] »
    ---
    (1.) Cheikh Bentounès, Un maître pour la paix, www.uneballepourlapaix.fr.
    ------------
    « Nature et spiritualité »,p.123 - 124 - 125 - Jean-Marie PELT en collaboration avec Franck Steffan, éd. Fayard © - 2008

    * Les « projets » temporels et "matériels" petits ou grands, de la religiosité pour venir en aide (quand elle n'est pas en plus détournées vers d'autres buts inavoués !) à la détresse humaine et à la Vie, sont sujets aux risques permanents d'un emprisonnement des personnes impliquées quand l'objectif rend et prend les personnes impliquées qui y participent, comme "irréelles", voire "fantomatiques" au point qu'il n'y a plus aucune espèce d'écoute à ce qu'ils sont, à ce qu'ils vivent, est a leur propres sagesse et "qualités" dans leur vision et aspirations légitimes, vivre dans la dignité dans le chaos des hommes ... alors tout s’effondre dans les déchirements des divergences ...

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    La parodie des rencontres d'Assise du 27 octobre 1986 * voudrait que l'on réponde à la question qui va se poser dans l'urgence et de façon "brûlante" dans les institutions "traditionnelles" : qui reconnait les valeurs intrinsèques de notre "démocratie", toute imparfaite qu'elle soit, et accepte la primauté du "Droit civil" et de la "laïcité", sur toute autre considérations ?

    * Qui est de fait un échec du "vivre tous ensemble" fraternel dont il appartiendra à tout un chacun d'en assumer sa responsabilité qu'il le veuille ou pas !

     http://camisard.hautetfort.com/archive/2008/10/24/77398bce3a8e84b33767e6f39ba30a98.html

    Aussi bien, étant donné le passé des Églises, qui n’est pas sans tache, il convient qu’elles soient modestes dans leurs prises de position quand elles estiment devoir les exprimer. Au lieu de vouloir être la lumière du Monde, qu’elles s’appliquent modestement à un travail silencieux et en profondeur.
    p.243;
    «Un homme de foi et son église» , Marcel Légaut

    http://www.babelio.com/livres/Legaut-Un-homme-de-foi-et-son-eglise/63480

     

    « Ni les religions et leurs intégristes, ni les idéologies et leurs militants, ni les bien-pensants et leurs préjugés ne doivent pouvoir entraver le droit à la caricature, fût-elle excessive »
    Cabu, Le Canard enchaîné, mercredi 14 janvier 2015

     

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     https://fr.news.yahoo.com/lancien-pr%C3%A9lat-poursuivi-p%C3%A9dophilie-au-091410878.html

    Josef Wesolowski, consacré évêque le 06/01/2000, par le pape Jean-Paul II, et nommé nonce apostolique en 2002, jugé et sanctionné en juin 2014 par la Congrégation pour la doctrine de la foi, qui l'avait réduit à l'état laïque, la peine maximale pour un prélat.

    - Ainsi donc nous devons bien considérer que finalement être "laïc" pour ces prélatures empreintes de féodalité religieuse, c'est un "état humain réduit" ... à pas grand chose !

     

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        Aurait-il fallu que les anachroniques fondamentalistes intégristes d'Écône (“Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X”) abattent André Franquin et Jean-Christophe Delpierre, Marcel Gotlib, Alexis etc... dans les années 90 ? Histoire d'inaugurer le retour d'un surgissement sombre d'un autre âge médiéval du cloaque de la "religiosité" !

     http://www.babelio.com/livres/Vincent-La-chair-et-le-diable/160971

    « La démocratie est le pire système de gouvernement, à l'exception de tous les autres qui ont pu être expérimentés dans l'histoire. »
    Winston Churchill

    Fort intéressant Jean-Michel Vernochet :

    https://www.youtube.com/watch?v=85F1DypWsU8

     «Les Français vont devoir passer par où les chats s'étranglent pour connaître la valeur de la démocratie». Jean Carrière, «Les Années sauvages» (p.72/73) éditions Omnibus ©  2011

     

    ------------------------------

    Note du 18 janvier 2015

    « Si nous apprenons les trois portes de libération sans les pratiquer, elles ne servent à rien. Pour ouvrir la porte de l'absence de signes et entrer dans le monde de l'ainsité, la réalité, nous devons pratiquer la pleine conscience dans notre vie quotidienne. En regardant profondément chaque chose, nous voyons la nature de l'inter-être. Nous voyons que le président de notre pays est composé d'éléments non-président, notamment l'économie, la politique, la haine, la violence, l'amour, etc. Si nous regardons profondément la personne qui est président, nous voyons la réalité de notre pays et du monde. Toute notre civilisation se trouve en lui : notre capacité à aimer, à haïr, tout. Toute chose contient en soi tout le reste. Nous méritons notre gouvernement et notre président car ils reflètent la réalité de notre pays : nos pensées, nos sentiments et la façon dont nous vivons notre vie quotidienne. »
    p. 90
    « Cultiver l'esprit d'amour », Thich Nhat Hanh, Éditions Pocket (J.-C. Lattès) © mai 1997

    http://www.babelio.com/livres/Hanh-LEsprit-damour-Les-Plus-Beau-Livre-sur-lamour-/40470

    « Une nation aussi peut avoir une idée du bonheur. Par exemple, un groupe de personnes est persuadé que le bonheur de ce pays dépend de la réalisation d'une idée, qu'il s'agisse d'une doctrine économique, théologique, ou encore d'une idéologie. Ces gens en sont tellement convaincus qu'ils vont tout faire pour défendre et promouvoir cette idée et s'opposer à toute autre notion du bonheur. C'est le début d'une approche totalitaire du bonheur. Un gouvernement ou un parti fera usage de sa force pour réaliser cette idée du bonheur. Ce pays mettra peut-être soixante-dix ans ou cent ans à essayer d'appliquer cette idée du bonheur, au prix de nombreuses souffrances et tragédies. L'Union soviétique avait pris l'habitude d'interner en hôpital psychiatrique ceux qui n'avaient pas la même idée du bonheur, de sorte que beaucoup de gens et beaucoup de bonheur ont été sacrifiés.
    Tous ces systèmes devront pourtant se réveiller un jour. Quand ils comprendront que cette idée n'est pas parfaite et qu'il y a de nombreux éléments qui ne correspondent pas à la réalité ni aux besoins et aux aspirations des gens, ils abandonneront cette idée du bonheur et le pays aura une nouvelle chance. C'est le cas par exemple quand un pays exige de ses habitants qu'ils soient des héros alors qu'ils n'en ont peut-être pas envie. Si les dirigeants ne tirent pas les leçons des souffrances du passé, ils répéteront exactement les mêmes erreurs avec une autre notion du bonheur. Et qui sait pour combien de temps encore ? Une notion est par conséquent toujours dangereuse.
    La pratique du bouddhisme tend à nous libérer des notions, des concepts et des perceptions, y compris des notions concernant notre propre bonheur. »
    p. 72 et p. 73
    « Bouddha et Jésus sont des Frères »,Thich Nhat Hanh, Éditions Pocket, le Relié © mai 2001

    « Un gouvernement peut aussi penser qu'il connaît la seule façon de rendre son pays prospère et heureux. Ce gouvernement et ce pays peuvent rester fidèles à cette idéologie pendant cent ans ou plus. Et pendant ce temps, les citoyens de ce pays souffrent beaucoup. Ceux qui osent exprimer leur désaccord avec les idées du gouvernement sont emprisonnés. Ils peuvent même être considérés comme fous. Vous pouvez transformer votre nation en prison juste pour suivre une idéologie. N'oubliez pas que vos notions du bonheur peuvent être très dangereuses. Le Bouddha a dit que le bonheur n'est possible que dans “l'ici” et maintenant. Je vous invite à revenir en vous et à examiner profondément vos notions et vos idées du bonheur. »
    p. 48
    « Il n'y a ni mort ni peur », Thich Nhat Hanh, Éditions Pocket © novembre 2013

    « Imaginez un royaume où il n'y aurait aucune souffrance : ce serait très déprimant. La joie d'être en vie ne peut être là que si vous savez ce qu'est la mort. La joie d'être en bonne santé, d'être capable de marcher, de courir et de respirer n'est possible qu'avec l'expérience de la mort et de la maladie. Il convient de réexaminer notre espoir, notre désir et notre aspiration de vivre dans un royaume ou un lieu dénué de souffrance.
     Ceux qui vivent dans ce royaume sont censés ne jamais souffrir et vivre dans un bonheur quotidien perpétuel. C'est aussi absurde qu'impossible. Une Terre pure, une terre de Bouddha ou le paradis, n'est pas un lieu où la souffrance n'existe pas. Ma définition du paradis, c'est un lieu où l'amour existe, où la compassion existe. Quand le bodhisattva de la compassion descend en enfer, l'enfer cesse d'être l'enfer parce que le bodhisattva y apporte de l'amour.
    L'amour ne peut exister sans la souffrance. On pourrait même dire que la souffrance est la base d'où jaillit l'amour. Si vous n'avez pas souffert, si vous ne voyez pas la souffrance des êtres, vous n'avez pas d'amour en vous et vous ne comprenez pas ce qu'est l'amour. Sans la souffrance, la compassion, la bonté aimante, la tolérance et la compréhension ne peuvent pas naître. Voulez-vous vivre dans un lieu où il n'y aurait pas de souffrance ? Dans ce cas, vous ne sauriez pas ce qu'est l'amour. L'amour naît de la souffrance. »
    p. 145
    « Bouddha et Jésus sont des Frères »,Thich Nhat Hanh, Éditions Pocket, le Relié © mai 2001
    http://www.babelio.com/livres/Hanh-Bouddha-et-Jesus-sont-des-freres/196156

    — Ainsi nous pouvons finalement exprimer pour notre part les choses ainsi :
    Vouloir trop faire valoir le fait que nous avons à être plein de “compassion équanime” aussi bien en vers les victimes d'horreurs que les acteurs de ces mêmes horreurs, ne peut se concevoir que dans les perspectives décrites ci-dessus, à savoir “être en pleine conscience” de l'ainsité... faute de quoi nous sommes dans la fumisterie. Vivre “la paix en soi” ne signifie pas forcément que cela soit du goût de tout le monde ! En outre vivre un tel état est toujours délicat, et demande un “travail” sur soi âpre et énorme au quotidien dans notre dimension “historique” relative ; un investissement de toute une vie ! N’ânonnons pas des réalités sans savoir de quoi il retourne exactement, ayons l'humilité de notre condition humaine, nous sommes des “êtres” de peu de chose sur la surface de cette Terre-matricielle...
    À vouloir se situer “au dessus de tout” nous prenons le risque désagréable de se retrouver un jour “en dessous de tout” !

    « Quand les hommes vivront d'amour
    Il n'y aura plus de misère
    Et commenceront les beaux jours
    Mais nous nous serons morts mon frère
    Quand les hommes vivront d'amour
    Ce sera la paix sur la terre
    Les soldats seront troubadours
    Mais nous nous serons morts mon frère »
    ... https://www.youtube.com/watch?v=cZfDRQ_kKOw
    Felix Leclerc

     

    — Autre article en rapport avec notre sujet, la "laïcité", que nous avons goûté par le menu, concernant la « culture tibétaine »... ils en sont encore à se demander ce que cela signifie ! :

    http://asies.hypotheses.org/234   

    Quand à leur perception de "la démocratie" ... :

    https://www.phayul.com/news/article.aspx?id=37348&article=State+Oracle+Nechung+rebukes+CTA+top+brass&t=1&c=1

     

    Michel Onfray nous livre « une lettre ouverte » d'un état des lieux de notre pays de France.

    http://www.lalsace.fr/actualite/2015/01/23/onfray-on-a-casse-la-republique

    Lucide et réaliste, quelque peu sévère avec la direction de « Charlie Hebdo », Bernard Maris* faisait aussi partie des victimes..., il est dans son rôle d'observateur et philosophe, témoin averti de notre citoyenneté en son  époque contemporaine, qui se prépare des lendemains douloureux, faute d'avoir été vigilant à sa propre conscience.

    *http://www.deslettres.fr/lettre-ouverte-de-bernard-maris-aux-gourous-de-leconomie-qui-nous-prennent-pour-des-imbeciles-les-theoriciens-de-leconomie-industrielle-sont-une-secte-dont-lobscurantisme-et-le-fanatisme-donnen/

    «Conscient de la souffrance créée par le fanatisme et l'intolérance, nous sommes déterminés à ne pas faire preuve d'idolâtrie ni à nous attacher à une doctrine, théorie ou théologie, même bouddhiste.
    Les enseignements bouddhistes sont des moyens qui nous guident et nous aident à pratiquer le regard profond et à développer ainsi notre compréhension et notre compassion. Ce ne sont pas des doctrines pour les-quelles nous nous battrons, nous nous tuerons et nous nous sacrifierons.»
    « Il n'y a ni mort ni peur », page 18 , Thich Nhat Hanh, Éditions Pocket © novembre 2013

    http://www.babelio.com/livres/Todd-Qui-est-Charlie--Sociologie-dune-crise-religie/708725/critiques/935875

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  • Pleine Conscience et Vipassana

    Samedi 02 septembre 2017

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    Session du 02 septembre 2017 – La Joncasse-Haute

    31460 Caraman - France

     

    Vedanā

    ou « tonalité/modalité-du-ressenti »

     

     

    matinée – 9h

     

    À travers le “contact” (et l'entre-deux du contact) il s'engendre une “impression” ; agréable, désagréable voire plus ou moins neutre en relation avec notre corps physique, mental, sentiments et affects.

    L'objectif de la session de ce jour est d'observer se qui se passe vraiment en nous à ce sujet précis.

    La “tonalité” est le plus souvent un état banal, peut-être même monotone, qui agit par “propagation”.

    ------------------

    La méditation (quelle que soit sa forme, en assise ou en marcher [en action]) développe un ancrage sur soi qui permet d'obtenir un regard, une observation qui engendre une orientation vers « l'attention bienveillante ».

    Cette “tonalité” est construite et structurée par le champ de nos expériences ; la méditation introduit avec un effort sans tension tout en souplesse et fermeté, le “regard expérienciel”.

    ------------------

    « Le regard expérienciel »

    l'automatisme du réactionnel va vers le répétitif.

    « Le changement »

    neutre ou niveau de base/équilibre, celui-ci n'étant pas à une donnée de 5/5 … !

    Y a-t-il forcément une rupture du contact d'une “tonalité” donnée, sachant que le “non-agréable” est plus vite en mouvement … ?

    Bien prendre en considération que si l'attention n'est pas orientée vers la bienveillance, celle-ci part très aisément vers du “jugement”, plus ou moins péremptoire.

    ------------------

    après-midi – 14h

     

    Relation entre l'ennui et le monotone ; vers la sérénité

     

    La “tonalité” ordinaire, une certaine nonchalance, nous porte vers de l'indifférence.

     

    La “tonalité” de la sérénité, elle est différente, elle se relie avec le changement induit dans l'observation bienveillante de l'expérienciel. Ceci doit développer le couple sagesse/compassion.

    Il est à remarquer qu'il est très intéressant d'observer la “tonalité” à l'épreuve du temps linéaire, dans sa relation avec cette intensité du temps ...

    Il est également à noter que « l'attention bienveillante » fonctionne avec la base de l'éthique de “l'intention”.

    (voir les cinq facteurs mentaux et Vedanā)

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Vedan%C4%81

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Caitasika

     

    ----------------

     

    La prochaine “session” du début septembre 2018 sera consacrée à « La Sérénité » (cittapassadhi - kayapassadhi )

    ----------------

     

     

    « C'est l'intention (cetana), oh moines, que je déclare être l'action (kamma). Ayant voulu, on accomplit une action de corps, de parole ou d'esprit. »

    Approfondissement de la pratique,
    Exploration de la Conscience

    https://www.stephenbatchelor.org/index.php/fr/programme

     

    Symposium Vedanā
    (du 13 au 16 juillet 2017)

    https://www.bcbsdharma.org/course/vedana-feeling-tone-symposium/?utm_medium=email&utm_campaign&utm_content=+CID_76109da81a317b77bc1eeb0bfab82ced&utm_source=BCBS+CM&utm_term=Learn+More

    https://www.stephenbatchelor.org/index.php/fr/programme

     

    Samedi 03 septembre 2016

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    Martine 2016 -.jpg

     

    http://www.stephenbatchelor.org/index.php/fr/programme

    Samedi 26 septembre 2015

    https://www.facebook.com/martine.batchelor/posts/10209836024522013

     

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    Martine BATCHELOR

    La Joncasse - Caraman - (31 Toulouse),

     

     

    extraits d'enseignements et méditation du samedi 06 septembre 2014

    Méditation et ressenti


    Session du matin

    — Dans la pensée qui suit son cours, la méditation et son exercice en expérience nous permet de ne pas leur donner, à ces pensées, une amplification divagante. Cette méditation vigilante donne « un regard », vers quoi ces pensées nous entraînent, vers quelles associations elles nous emmènent …
    Lorsque nous arrivons à développer à toutes situations qui se présentent, qu'elles soient « agréables » ou rébarbatives, voire neutres, ne soulevant rien d'autre que de l'indifférence, une attitude d'ouverture d'acceptation « accueillante » sans jugements ni connotations, cet état génère une stabilité dans l'amplitude. Les situations se retrouvent ainsi dans un processus d'où est absent l'amplification, en effet l’accueil, de ce qui est, par sa nature englobante et lisse ne laisse pas de prises se développer. Ainsi, cette pratique se fortifiant produit une forme d'état « neutre », clair, avec son propre dynamisme. Ce faisant, ce dynamisme va vers « l'action » créative, laissant dans l'impossible un état où nous serions bien plutôt dans la « réaction », soit l'amplification, qui lui ne contient pas vraiment de « création » dans le sens où nous l'entendons dans cet aspect.

    Session de l’après-midi : « la pleine conscience de la tonalité et l’éthique »

    — Nous pouvons considérer que le manque d’éthique est une conséquence d'une mauvaise appréciation du ressenti de la « tonalité » et de sa « qualité ». L'amplification et son corollaire la minimisation au gré « des petits arrangements » de complaisance, nous entraînent dans un jeu de dupe dont le soubassement est le couple attachement/désir lié à l'idée que nous serions une individualité, fragmentée d'activités en « mondes » divers, distincts, et sans reports d'influences avec et entre eux ; vie privée et publique, le monde du travail, des affaires, des sciences, de l'art, de la politique ou de la religion etc … tout est cloisonné, et donne lieu plus ou moins à la manipulation. Et ce paradoxalement dans un total manque d'altérité humaine !
    — Le manque de vigilance, l'absence de capacité à l'observation « neutre » de l’accueil de ce qui se présente, développe un effet de densité dans un rapport  de « masse », de poids, en défaveur de ce que l'on pourrait nommer, ce qui est juste, dans le sens d'équilibré, d'une tonalité homogène à la vibration structurante. Ce rapport de force de déséquilibre est très important, une donnée négative déséquilibrée de l'ordre de 30%, affectera un équilibre de 70% dans une globalité.
    L'enjeu d'une méditation bien conduite, est de savoir que l'on peut entrevoir un solutionnement possible dans cette dynamique de tonalité et sa « qualité » ...
     

    —————
    Méditation et torpeur :
    C'est inévitable que nous ayons à faire à cela. Quand elle se manifeste il est bon de se poser la question de : « qui est là ? qui respire ... »
    D'un point de vue technique dans la méditation assise, il est recommandé d'utiliser dans cette situation, la projection du regard vers le haut, qui a pour effet de nous stimuler.

    —————
    En entretien privé avec Martine Batchelor en fin de journée, je suis revenu avec elle sur le passage de son livre « Rencontre avec des femmes remarquables  », (éd. Sully ©2008, page 11), qui me posait question :
    … « Certaines de ces femmes ont vécu les mêmes choses que moi. Comme Sœur Chan Khong, on m’a dit de prier pour renaître en homme ; comme elle, je trouve cette idée stupide et je ne pense pas que ce soit un bon conseil, même venant d’une personne sainte ou éveillée, animée des meilleures intentions. Mais n’oublions pas que la parole du Bouddha était révolutionnaire quand il disait que tout le monde était à égalité pour obtenir l’éveil. » …
    — Comment une personne sainte ou éveillée peut-elle émettre des idées, en l’occurrence une précisément dans notre exemple, stupide et de ne pas être de bon conseil dans ce cadre-là ?
    La réponse de Martine a été de m'expliquer qu'il s'agit là de « culture », et que  une personne sainte ou éveillée appartenant à sa culture, mais qui n'a pas pris conscience de celle-ci, pouvait dire des choses stupides et de ne pas être de bon conseil dans un cadre précis, qui plus est lorsqu'elle est dans un environnement hors de sa propre culture. Je lui ai avoué ma perplexité d'une « pleine conscience d'éveil » soumise à un carcan culturel quel qu'il soit. Elle m'a fait un sourire ... et nous nous sommes quittés ainsi …
    La réflexion qui me vient à l'esprit, serait que ce genre de sainteté éveillée aurait avantage à rester dans son cadre culturel naturel, ou à tous le moins hors sa propre culture géographique, œuvrer dans un cadre très restreint, le plus possible toujours ! Ceci afin d'éviter les inévitables dégâts que cela engendre … merci.

     http://www.babelio.com/livres/Batchelor-Rencontre-avec-des-femmes-remarquables--Meditatio/82882

     

    Martine Batchelor, née Fages, propose près de Toulouse une journée début septembre dont le thème est :

    "Méditation et ressenti"

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    Nous avons pu déjà apprécier la qualité de ces journées l'an passé, dont nous donnons un bref compte rendu de notes (destinées à l'origine à mes proches) qui à eu son assentiment ... :

     

    Martine BATCHELOR

     

    La Joncasse - Caraman - (31 Toulouse),

    samedi 14 septembre 2013

     

     

    Session du matin

    La méditation a pour objet essentiel d’offrir des issues et des fenêtres ouvertes, aux incessants “commentaires” de notre saisie émotionnelle identitaire, des expériences organiques que nous vivons. L’objectif est de prendre de la distance dans un espace/temps donné, pour obtenir une méthode afin d’aller dans le “désamorçage”, qui nous révèle son potentiel de sagesse, dans la cessation des permanents états de conflits intérieurs.

    Ceci permet d’orienter notre dynamisme vers du relationnel plus ouvert, plus pertinent, plus présent dans son acuité, ce qui le rend plus fluide et créatif dans l’innovation, capable de faire du “neuf” !

    Ceci établit, cela permet d’être en pleine conscience de ce qui se passe, sans avoir de distorsions nées de luttes avec soi et son vécu fait d’encodages divers, et d’aller dans l’exploration de ce que nous sommes en plénitude, dans une ouverture bienveillante où “se pétrit notre fondamental d’être”.

     

    Session de l’après-midi

    Les six “parami”, plus la notion d’une septième englobant le tout (enseigné par son Maître de méditation en Corée-du-Sud, Maître Kusan Sunim).

    1 — Dana, ou la générosité. Il s’agit beaucoup plus en fait d’un état, d’une disposition d’accueil, d’inspiration créative fructueuse, dans une geste d’offrande et de gratitude vers la Vie qui nous habite.

    2 — Sila, ou l’éthique. Il ne s’agit pas là d’une “morale”, d’un code à observer dans ses commandements rigides, mais bien plutôt de s’accorder avec justesse, harmonie et cohérence dans un relationnel donné à vivre, avec élégance et le moins de fausses notes possible ...

    3 — Shanti, ou la patience. Là aussi il s’agirait beaucoup plus d’absence d’impatience (nous sommes sans attente de rien de précis), dans un mouvement l’expansion naturel, de la créativité d’un non-temps psychologique.

    4 — Virya ou l’effort juste. Il est entendu ici une dimension d’assiduité objective, d’endurance vers le terme proposé, soit l’obtention des états de complétude au profit de la Vie.

    5 — Dhyana, ou l’état de stabilité. L’effet et reflet miroir des eaux calmes. C’est se donner et aller vers les conditions créatives qui engendre les états d’être du fondamental en nous, les états paisibles de l’être, la clarté.

    6 — Prajna, ou sagesse, le regard de l’expérience de ce l’on vit. C’est un accompagnement dans son mouvement changeant des événements, ayant la capacité de sécréter de manière quasiment organique, le fruit qui en est une alchimie propre à chaque personne. Cette opération se situe dans une dynamique non adhésive, non collante, débouchant sur l’ouverture de la sagesse.

    La septième “parami” est une globalité d’esprit de service à autrui, à la manifestation, en relation et envers soi-même, inclue dans cette globalité.

     

    —————

    Méditation :

    La focalisation de l’attention des mouvements de la respiration* est un outil pour un retour à l’expérience de l’instant.

    (* inspire — temps d’arrêt — expire — temps d’arrêt)

    La respiration est un champ d’expérience neutre qui couplé aux perceptions, des sons par exemple, donnent un rassemblement vers une écoute de plus d’acuité du Silence en nous et autour de nous. Ceci nous oriente dans un mouvement souple vers la stabilité du moment présent.

      http://www.babelio.com/livres/Batchelor-Le-Zen/688203

     

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    http://www.babelio.com/livres/Suzuki-Esprit-zen-esprit-neuf/35808/critiques/1239645

     http://www.babelio.com/livres/Lledo-Le-cerveau-sur-mesure/435440

     

     

  • Martine et Stephen BATCHELOR

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    https://tricycle.org/magazine/quit-guru-yoga/  (en note du 05 XII 2017)

    Nous avons donc décidé, dans la cohérence de notre cheminement intérieur d'une vie spirituelle contemporaine en notre pays de France, de franchir le pas. Nous avons laissé de côté, du moins pour une période, indéterminée, peut-être pas totalement ni définitivement, ce « lamaïsme-nationaliste* » et ses "armées de missionnaires religieux" de genre "évangélistes", aux sourires patelins de culture, désuet et anachronique dans son organisation temporelle en nos contrées, étriqué, crispé et inadapté qui se fourvoie dans son archaïsme de "religiogisme" captatif cupide, à avidité incurable, souvent au fonctionnement temporel bien obscur** ... Pour autant, l'Ati-Dzo-Pa-Chen-Po***, que nous a transmis en personne Khyabjé Dilgo Khyentsé en août 1985 à La Sonnerie en Dordogne, restera vivant en nous et ce de façon indélébile.
    Martine Batchelor offrait (car là avec elle, le respect de la pratique du don ou « dana », auquel Dilgo Khyentsé de son vivant n'a jamais dérogé lui qui était la parfaite incarnation dans l'accomplissement de « Dana prajna paramita », reste d'actualité !) une session de méditation à « La Joncasse Haute » près de Toulouse, vers Caraman (31460), les 14 et 15 septembre 2013(1).
    Le lieu, près de l’Étang de l'Orme-Blanc, est très agréable au demeurant, le temps était beau, Martine, femme menue et gracile, emplie de simplicité et de maturité très profonde, a dispensé en alternance, en un rythme souple et fluide, sessions de méditations et d'enseignements sobres, à destination d'un monde séculier.
    Avec un sens du dépouillement, tout en acuité du moment présent, elle a empli les journées de sa bienveillante lucidité, répondant et accompagnant les périodes d'échanges, de questions et réponses, avec sollicitude et clarté, en toute sincérité.
    Merci Martine de cet air frais ! Nous allons peut-être commencer à entrevoir des perspectives nouvelles et innovantes … !

    Gilles Maitrot/Corbin, le 19 septembre 2013

    Note du 30 septembre 2017

    Stephen Batchelor's comments in the Telegraph are cogent here :

    http://www.telegraph.co.uk/men/thinking-man/sexual-assaults-violent-rages-inside-dark-world-buddhist-teacher/


    ‘Once you enter into the hermetic world of Tibetan Buddhism, you somehow burn your bridges to Western rationality,’ says Stephen Batchelor, an English Buddhist teacher and academic who was himself a Tibetan Buddhist monk for eight years. ‘You enter a world that appears to be entirely consistent internally; everything makes sense; the structures of power seem to be in the service of these high ideals of enlightenment, and the relationship with the guru is the key element in your capacity to follow this path in the most effective way.’
    (« Une fois que vous entrez dans le monde hermétique du bouddhisme tibétain, vous risquez de briser vos ponts en vers “la rationalité occidentale” », a déclaré Stephen Batchelor, professeur et universitaire bouddhiste anglais qui était lui-même un moine bouddhiste tibétain pendant huit ans. « Vous entrez dans un monde qui semble totalement cohérent en interne ; tout a du sens ; les structures du pouvoir semblent être au service de ces idéaux élevés de l'illumination, et la relation avec le guru est l'élément clé de votre capacité à suivre ce chemin de la manière la plus efficace.
    Mais le Vajrayana est reconnu comme un chemin particulièrement dangereux, en particulier pour les étudiants occidentaux sans fondement profond dans la culture tibétaine. »)

    ‘Tibetan culture is such that it will never criticise another lama, especially one within your own group,’ Stephen Batchelor says. ‘But the root of the problem lies in the tantric, aristocratic structure of old Tibetan society that they are seeking to preserve in exile. They’re in the business of holding on to their traditions, not reforming them.
    ‘The problem facing other lamas is that if they accept these criticisms they are basically accepting criticism of the whole system that in a way underpins their own authority; and if they say nothing they know they will be perceived as turning a blind eye to what looks, quite blatantly, like abusive behaviour.
    ‘It’s a terrible thing if this discredits Tibetan Buddhism, because Vajrayana is a very rich part of Buddhist heritage. But at the same time these abuses have to be addressed. And the Tibetan tradition has to come to terms with that.’
    (« La culture tibétaine est telle qu'elle ne “critiquera” jamais un autre lama, en particulier celui de votre propre “sangha”, a déclaré Stephen Batchelor. Mais la racine du problème réside dans la structure tanrique et aristocratique de l'ancienne société tibétaine qu'ils cherchent à préserver en exil. Ils s'obstinent à s'accrocher à leurs traditions, à ne pas les réformer.
    Le problème auquel sont confrontés les autres lamas est que, s'ils acceptent ces critiques, ils acceptent essentiellement les critiques de l'ensemble du système qui, d'une certaine manière, sous-tend leur propre autorité ; et s'ils ne disent rien, ils savent qu'ils seront perçus comme fermant les yeux sur ce qui semble, de façon tout à fait flagrante, comme un comportement abusif.
    C'est une chose terrible si cela désavoue le bouddhisme tibétain, parce que le Vajrayana est une partie très riche du patrimoine bouddhiste. Mais en même temps, ces abus doivent être résolus. Et la tradition tibétaine doit être conforme à cela. »)

    * http://www.patheos.com/blogs/americanbuddhist/2017/11/a-storm-is-coming-tibetan-buddhism-in-the-west.html

    http://hridayartha.blogspot.fr/2016/06/dans-les-coulisses-du-bonheur-national.html

    http://www.phayul.com/news/article.aspx?id=38181&article=TCV+Celebrates+56th+year+of+inception

    Ceci pose tout de même une question : qu'avons nous à faire dans nos contrées de cet aspect certes légitime, mais uniquement là où vivent les diasporas significatives tibétaines !
    Hors la terrible ambiguïté réside bien là ! Les organisations du “lamaïsme” dans nos pays de cultures occidentale sont imprégnées de cette mentalité “nationaliste identitaire” moyenâgeuse aux ambitions démesurées qui sont en elles même d'une consternante violence ! Ce qui du point de vu du “bouddhisme” de Gautama est une véritable déviance perverse ! Même un authentique pratiquant du Mahamoudra (ou du Dzo-tchen) ne peut absolument pas souscrire à une telle hérésie ! Ce serait une injure aux pères de la Lignées Kagyu-pa, et Nyingmapa !
    En outre cela constitue le terreau d'une véritable trahison pour les personnes ayant eu des liens profonds avec les Grands Anciens des années 1980 en France notamment, qui avaient comme objectif et l'aval de ces “authentiques héritiers” de la tradition du Vajrayana, une intégration “in vivo”, avec toutes les adaptations et réformes éventuelles voire nécessaires à faire dans l'organisation du “temporel culturel” incontournable !
    Qu'avons-nous à faire d'enclave comme « Lérab-Ling » (pour ne citer que cette organisation...) en France ?

    https://www.babelio.com/livres/Dapsance-Les-devots-du-bouddhisme/879929

     

    http://www.buddhachannel.tv/portail/spip.php?article25285

    http://www.francetvinfo.fr/societe/religion/la-france-terre-de-mission-pour-le-bouddhisme_1483433.html

    http://www.francetvinfo.fr/societe/religion/le-karmapa-successeur-potentiel-du-dalai-lama_1483441.html

    http://www.buddhachannel.tv/portail/spip.php?article25213

    https://www.phayul.com/news/article.aspx?article=WHY+LUKAR+JAM+ATSOK+IS+IMPORTANT+FOR+TIBETAN+DEMOCRACY&id=36502&t=1&c=4

    — À lire absolument ...  « Le Maître dans la diffusion et la transmission du bouddhisme tibétain en France » de Cécile Campergue, (ici, pages 15 à 23), © 2012 ed.l'Harmattan

    http://books.google.fr/books?id=CB6EGYnCuogC&pg=PA222&lpg=PA222&dq=lama+rabsel+lodreu&source=bl&ots=hjqRbC4-EH&sig=---swtk3pR_OT_VbC8cUKRRYEsc&hl=fr&sa=X&ei=YWWYU9H-Geey0QWsvICwCA&ved=0CCcQ6AEwATgK#v=onepage&q=lama%20rabsel%20lodreu&f=false

    (nous reviendrons ultérieurement sur cette étude de thèse en doctorat d'un très grand intérêt et qui à notre humble avis fera date, quand bien même il serait parfois dépassé par les évènements dans les années qui ont suivit sont élaboration, soit les années 2003 à 2008 ... !)

    note du 27 juin 2015 : le travail de transcription de 143 "citations" et terminé ... ;-)

    http://www.babelio.com/livres/Campergue-Le-maitre-dans-la-diffusion-et-la-transmission-du-/644762

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    http://www.larbredesrefuges.com/t10962-evenement-rencontre-humanisme-mindfulness#92021

    Nous avons donc ici en le cas d'espèce l'exemple de l'incapacité chronique absolue de cette “troupeau-sphère”, d'accéder à une vision objective et “critique” dans le discernement, et de son laisser aller à des allégations vagues, accusatrices, engendrant une suspicion dont on sait par expérience qu'il en restera toujours quelque chose*
    Aucune argumentation donc, l'étude anthropologique n'est aucunement débattue,  l'auteur est tenu en suspicion de collusion avec “l'ennemi”, dans une théorie du complot paranoïaque qui est rentable, et où il y a “la victime” et le “prédateur”, dans une vison dualiste sans nuances entre le blanc et le noir, évacuant le “dégradé de gris” ...
    À terme cette situation finira par celle du “serpent qui se mord la queue” ad libitum ...
    si bon ordre n'y est pas mis un jour ou l'autre … !


    * "Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose", ordonnait en 1940 Joseph Goebbels …


    (** https://www.facebook.com/hridayartha/posts/835523573274250

    voir vraiment sordide au plus "haut sommet" de sa hiérarchie :

    http://www.heraldscotland.com/news/crime-courts/chief-suspect-in-murder-of-monk-lived-in-scottish-monasteries.22406343

    https://www.phayul.com/news/article.aspx?id=37080&article=Two+sentenced+to+death+in+Akong+Rinpoche+murder+case&t=1&c=1

    compassion, compassion ... peut-être, et on en parle, on en parle beaucoup, mais surtout "ne Touchez pas au grisbi" ! Perdre sa vie pour quelques deniers !

    … « … nous sommes abreuvés de sourires par des créatures qui dissimulent des crocs de dogue. » …
    « L’Âme de l'épervier », p. 837, Jean Carrière, édition Omnibus © 2009

     http://www.phayul.com/news/article.aspx?article=THE+ARROGANCE+OF+TREASON+by+Jamyang+Norbu&id=34774&t=1&c=4

     Cela est semble-t-il une coutume dans cet institutionnel, voire une "tradition", une "seconde nature" en quelque sorte ; pauvre Tibet !)

    « In my personal experience, there are two taboos in Buddhist organisations, both of which have merit and both of which can be used as manipulative tools. One of them is an injunction against gossip – useful when trying to establish a calm mental state, but also useful to prevent the circulation of critical comment.

    The second is samaya – the bond of loyalty that is one of the key tenets of Tibetan Buddhism. It supports the relationship between teacher and neophyte, but it can be deployed unscrupulously as a threat – break your samaya and attract dire consequences to yourself and your loved ones.

    Another factor is that acceptance into the inner circle around an important guru delivers high status within the organisation. Women are persuaded to view the master as a deity and to be compliant with his wishes and whims, to undertake a punishing workload and be available for sex on demand. They are separated from family and friends, discouraged from contact with the outside world and persuaded to see the organisation as family with the guru (confusingly as father-lover) in absolute power and control. By the time women realise they are being abused, exploited and embedded in a coercive cult, it is often too late for them to extricate themselves. Their investment is total and their chances of making lives for themselves beyond the organisation have dwindled into non-existence. »

    https://www.theguardian.com/commentisfree/belief/2011/jul/01/lama-sex-abuse-sogyal-rinpoche-buddhist

    https://www.facebook.com/hridayartha/posts/862957433864197

     ***

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    (1) http://joncasse-haute.eklablog.fr/programme-des-activites-c17870245

     

    Dans l'introduction de "Éloge de la folle sagesse" Lee Lozowick nous confie ceci :

    En fait, chacun aspire intuitivement, en son for intérieur, à discerner le vrai du faux, sachant que le vrai est objectif, autrement dit vrai pour tout le monde. Pour aborder cette vérité et l’intégrer dans leur vie, les gens doivent, à un moment donné, se mettre en quête du chemin spirituel.
    La majorité des instructeurs spirituels, des centres, des stages et des livres de cette catégorie ne proposent qu’une forme de consolation. Ils allèchent l’ego par 1a promesse d’une transformation ou d’un éveil, puis lui donnent un petit quelque chose pour le satisfaire. Ils font danser les gens, les amènent à un peu d’extase ou leur font un petit massage, tout cela afin qu’ils soient suffisamment excités pour avoir l'impression d’aller dans la bonne direction. Ces voies encouragent les gens à rechercher ce qu’ils veulent, à savoir le confort et le plaisir plutôt que le dur labeur. Les gens sont si paresseux, si peu résolus à payer le prix pour une vraie découverte, que la plupart des prétendus Chemins spirituels se sont compromis. À force de chercher la réussite de surface au lieu de s’employer à réellement transmettre le Travail*, ils ont capitulé face à l’ego ordinaire. Ils font la volonté de l’ego au lieu de demander à l’élève sur la voie de se conformer à l’exigence d’une tradition authentique.
    Le résultat final d’un tel chemin, c’est que l’élève aboutit non pas à Dieu, non pas à la Réalité, à la Vérité ou à l’Éveil... mais à lui-même ; il ne change pas fondamentalement mais revêt sa névrose d’un nouveau costume. Sa psychologie n’a pas bougé, il est toujours aussi égocentrique ; la seule différence est une nouvelle illusion, celle qui lui fait croire avoir atteint un accomplissement profond et sacré. La plupart des gens se font de l’accomplissement spirituel une idée bien différente de ce qu’il est en réalité.
    —————
    * « Le Travail » : terme emprunté à Georges Ivanovitch Gurdjieff, utilisé tout au long du présent livre pour désigner une méthode traditionnelle de transformation et de maturation de la personne.

    Il ne s’agit pas d’égrener de sympathiques clichés et autres platitudes spirituelles. Non qu’il n’existe pas de réalités cosmiques méritant que l’on s’en émerveille, visions, extases, béatitudes. . . Tout cela existe, en abondance. Mais nous existons aussi au sein d’un écosystème mortel et délicat. C’est un fait, pas moins réel que le précédent.
    ...
    Un chemin spirituel digne de ce nom fera le tri entre ceux qui ont une réelle demande et ceux pour qui la voie n’est qu’un passe-temps, ou encore ceux qui n’ont pas actuellement l'envergure pour s’y engager.
    ...si nous n’avons jamais eu ne serait-ce qu’un avant-goût de la liberté, l’esclavage est supportable. Je ne vois aucun inconvénient à ce que la majorité demeure endormie et ignorante, car la voie baul en particulier, comme la vie spirituelle en général, implique une certaine souffrance en même temps qu’une certaine extase. Mais si nous demeurons sur la Voie, le prochain aperçu sera plus substantiel. Il durera plus longtemps et sera plus déterminant. Finalement, nous goûterons la mangue entière, avec tout son jus, ses fibres et ses aspérités. La totale. Agonie et extase, en même temps.
    ...
    Il n’y a qu’une seule Vérité et beaucoup d'interprétations possibles de cette unique Vérité : les chrétiens en ont une, les bouddhistes une autre, les hindous encore une autre... Mais la Vérité est une, et elle n’a rien à voir avec les arcs-en-ciel, les arbres verdoyants et les belles fleurs jaunes. En fait, elle est plus proche de la douleur et de la peine, mais nous y viendrons ultérieurement.
    Les gens connaissent déjà la Vérité. La vie spirituelle ne consiste pas à leur enseigner quelque chose qu’ils ne sauraient déjà. Même nos mères savent la vérité. Si nous en venions à avoir une conversation suffisamment profonde avec elles, nous découvririons qu’à un moment de leurs vies elles ont eu une extraordinaire révélation du divin. Chacun ou presque a connu ce genre d’expériences, mais comme elles se situent tout à fait en dehors des repères de la conscience ordinaire, comme elles sont de l’ordre de l'étrange et de l'inconnu, nous avons tendance à les enfermer dans le placard, à tourner la clef puis à reprendre le cours de nos existences endormies.
    De plus, il n’est pas si facile de tirer parti de la Vérité lorsqu’elle point en nous. Peut-être serons-nous capables de la supporter si, dans notre ignorance, nous n’en percevons qu’une fraction infime. Mais si, au lieu de cinq pour cent, nous commençons à en voir dix pour cent, quinze pour cent, trente pour cent... alors elle commence à nous poser un problème, parce qu’elle met en cause notre vision du monde dans ce qu’elle a de statique.
    Bien que nous connaissions déjà la Vérité, certaines choses font barrage : nous pouvons connaître la Vérité, le savoir et cependant ne pas être apte à la vivre dans nos existences quotidiennes. Si nous n’accédons pas à la vérité, c’est essentiellement pour deux raisons :
    1. à cause de notre psychologie primale — l'identification qui se met en place chez le petit enfant à partir de ses projections et de ses attentes vis-à-vis du monde ;
    2. du fait de nos illusions à propos de la vie spirituelle — toutes nos fausses croyances au sujet de la méditation, de la pratique, des différents yogas, des lois fondamentales de l'identification, de la nature du réel et de l'irréel, etc.
    ...
    Dans nos existences ordinaires, nous sommes coupés de la Vérité. Tant que nous nous satisfaisons du statu quo, nous ne pourrons en aucune circonstance réaliser la Vérité. Si nous nous sentons en sécurité, plein de certitudes, jamais nous ne chercherons ou ne réaliserons la Vérité. Si nous dansons les yeux dans les yeux de nos compagnons sur la voie, nous ne trouverons jamais la vérité mais la confondrons avec la sensiblerie et le romantisme. Nous ne chercherons la Vérité que si nous sommes dérangés.
    Par conséquent, la raison d’être du chemin spirituel et la fonction d’un maître spirituel digne de ce nom consiste à nous rendre métaphoriquement malades, à provoquer en nous une crise que seule la Vérité pourra guérir. L’une des manières d’y parvenir sera de travailler avec l'irritation, le conflit et la confusion, ...

    En tant que chercheurs spirituels sincères, nous devons passer par une forme de crise et de perturbation qu’aucun remède n’apaisera. Si, alors, nous aspirons réellement à émerger de cette confusion, nous découvrirons la Vérité en nous-mêmes ; pour cela, cependant, il nous faudra être profondément inspirés et prêts à ne reculer devant rien pour atteindre l'objet de notre quête.
    La vie spirituelle n’est pas à la portée de tous ; elle est à la portée des rares personnes qui ont la force, la lucidité et la détermination nécessaires pour s’immerger dans le courant de l'enseignement et le remonter jusqu’à l'océan.
    Et Gilles Farcet d'ajouter dans l'Avant-Propos de "OUI, et Alors ?" (dialogues avec Arnaud Desjardins) :
    ...
    Plus profond encore demeure le pressentiment de ce que pourrait être l'intimité vraie. Au fil de ses nombreux séminaires, Lee s’est fait dans le monde francophone une réputation de « guru iconoclaste », de provocateur impénitent, d'instructeur vaguement sulfureux, pitre pour les uns, joyau de sagesse pour les autres. . . Tout cela ne relève que de la surface. L'intime vérité de Lee est sans doute celle d’un cœur brisé. Brisé par la vie, par la tragédie et la beauté de cette existence et surtout brisé par son maître, le mendiant fou de Tiruvanamalaï, Yogi Ramsuratkumar qui, comme son disciple, cachait sous une façade pour le moins déconcertante un abîme de sagesse.
    Sans doute est-ce au travers de ses « poèmes d’un cœur brisé » - à ce jour non traduits en français — que Lee se dévoile le plus. Adressés pendant plus d’une décennie à son maître, ces textes qui n'auraient jamais été publiés sans la demande insistante de leur destinataire parlent la langue d’un amour qui brûle les ponts derrière lui. Ils disent l’audace d’une intimité radicale devenue pour Lee le noyau de toute relation. « Si vous avez réussi à aimer vraiment ne serait-ce qu’un seul être humain, votre vie n’aura pas été vaine » affirme-t-il en substance.
    En ceux qui se laissent toucher par ce qu’il est,  instille le virus de l'intimité vraie, la volonté déraisonnable de parvenir, au travers des réactions, rejets, stratégies égoïques et camouflages habituels, à aimer son prochain, à commencer par les plus proches puisque, comme il le dirait encore, il est plus facile de se montrer très humain envers la caissière du supermarché qu’envers sa femme ou ses enfants. Il donne à sentir que la spiritualité vivante est une alchimie dont le creuset se nomme intimité.
    L'intimité ne naît pas de la coexistence plus ou moins pacifique de deux ego mais d’un effacement de la revendication personnelle conduisant à la communion.

    Ajout du 19 janvier 2014

    http://www.babelio.com/livres/Lozowick-Eloge-de-la-folle-sagesse/509713

    http://www.babelio.com/livres/Lozowick-Oui-et-alors/563160

    http://www.babelio.com/liste/1876/Pour-une-spiritualite-laique-novatrice

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    En ce qui concerne le fameux « karma vipaka »...

    … « il y a aussi la réalité élargie qui est cette continuité qu’est la vie, la vie jusqu’à la mort qui n’est qu’une autre sorte de vie jusqu’à la renaissance. Dans ce sens, les choses qui se produisent dans notre existence, au lieu d’être des attaques personnelles perpétrées contre nous deviennent un flot ininterrompu de phénomènes naturels. Le karma n’est pas quelque chose d’humain, c’est l’une des forces qui vont et viennent dans le courant ininterrompu de l'évolution. Parfois, quelque chose arrive et nous pensons : c’est un mauvais karma, mais nous ne dirions pas cela du printemps, de l'automne ou de l’hiver. L’hiver peut être, certaines années, particulièrement rude et il ne nous viendrait pas à l’idée de personnaliser cela en disant que l’hiver est méchant d’arriver. Ce ne sont que les forces de la nature. Le karma, c’est la même chose, alors que nous en faisons quelque chose de personnel. C’est de la physique et la physique traite des forces impersonnelles de l'énergie. »

    p. 209

    Chacun d’entre nous a un chemin différent dans la vie, il y a différents déséquilibres karmiques qu’il faut rééquilibrer. Je ne recommande donc pas aux gens de se mettre dans des situations dangereuses simplement pour pouvoir s’y confronter : la vie nous donnera ce dont nous avons besoin. Nous devons la laisser se déployer comme elle se déploiera de toute manière dans notre cas et accepter ce qui est tel que c’est. Ce n’est pas la peine de chercher des occasions de nous tester, il suffit de faire avec ce que la vie nous donne, et la vie nous donne beaucoup de matière à traiter.

    p. 225

    « OUI, est alors ? », Lee Lozowick, Éditions La Table Ronde © 2001

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    La toute première fois, le maître doit mettre le disciple en dhyana. Plus tard, il apprendra comment le faire lui-même. Réaliser atman est une chose, mais réaliser brahman (l'absolu) en est une autre. »

    « Est-ce qu'on peut le réaliser dans une seule vie ? »

    « Cela se peut, et se fait réellement dans une seule vie ; dès que l'entraînement commence, le progrès continue. Quelquefois on obtient la réalisation sur son lit de mort. Quand je me méprenais sur vous hier et pensais que vous aviez soixante-cinq et non cinquante-cinq ans, comme vous avez réellement, j'avais encore un certain doute... »

    « Quel doute, Bhai Sahib ? »

    « Vous comprenez, bien sûr, qu'il n'est pas approprié de dire aux gens combien de temps ils ont encore à vivre ».

    « Oh, Bhai Sahib ! » interrompis-je « s'il vous plaît, n'allongez pas l'entraînement, maintenant que vous savez que j'ai dix ans de moins ! Ne me donnez pas la réalisation seulement sur mon lit de mort ! » « Non. Car ceux qui sont engagés dans le travail l'obtiennent plus rapidement. Vous savez que tout le karma (loi de cause à effet) doit être brûlé entièrement ; je vous l'ai dit déjà. Vous allez souffrir l'injustice, vous serez attaquée, vous serez blessée ».

    p. 49

    « Si je vous ai compris correctement l'autre jour, l'enseignement est donné selon l'état de l'évolution du shishya et selon son caractère. La Vérité n'est que partiellement révélée, et de plus en plus selon les progrès. Donc si je crois au Karma et à la réincarnation, vous me parlerez en conséquence, mais à L., qui n'y croit pas, vous ne le mentionnerez pas. »

    « C'est sans importance que l'on croit à ces choses, et que l'on croit ou non à la Grande Hiérarchie. Le Karma est. L'évolution est. L'humanité est prise dans cette progression. Que l'on croit à certaines choses ou non, ne fait pas de différence. Je n'ai jamais fait allusion à ces choses devant Miss L.. A quoi cela sert-il ? Dans notre système très libre, ce que les gens croient n'a pas d'importance. »

    p. 58

    Lorsque vous êtes sur le chemin avec ferveur et sérieux, vos karmas sont emportés loin de vous. Vous devez les subir, comme je vous l'ai déjà dit l'autre jour, dans votre physique, ou bien ils reviendront à vous dans vos rêves. Une seconde de souffrance en rêve est comme trois ans de réelle souffrance dans la vie. Lorsque vous êtes sur ce chemin vous accélérez et vous payez pour cela dans vos rêves. Si vous vous tenez à l'écart du chemin, une fois... tous les karmas sont à souffrir pleinement dans votre vie quotidienne. Mais une fois sur le chemin, la grâce de Dieu vous touche, vous emporte et le karma mental se dissoudra en rêves. Les souffrances émotionnelles sont dissipées par la souffrance de l'amour. Mais les karmas physiques doivent être soufferts dans le corps physique, puisqu'on n'en aura pas d'autre. Dès qu'on a trouvé notre Maître, il doit être clair que tout est à résoudre dans le corps qu'on a.

    Si Dieu le veut il existe un lieu que les karmas n'atteignent pas. Là, sa grâce est infinie et les karmas tombent.

    p. 63

    Le soir, nous eûmes une discussion sur la doctrine du karma dont il dit que c'était une croyance enfantine. J'étais plus perdue que jamais. Je me défendis avec des arguments de la logique du karma — qui explique tant de choses qui autrement seraient incompréhensibles. Mais point par point, avec ses claires et brillantes argumentations, il fit tomber toutes mes théories. Son habileté à discuter est dévastatrice ; il cloue le bec...

    « Il est difficile de ne faire qu'un avec le Maître » dit-il.

    p. 139

    30 Mars

    Toute la matinée, assise la seule a me tourmenter propos de la doctrine du karma. Si le karma n'existe pas, comment peut-on expliquer l'ordre de l'univers ? Partout on observe la loi de l'action et de la réaction, la cause produisant des effets. Il admet lui-même l'existence du karma en déclarant que l'attachement au Maître produit un vasana si fort qu'il dure toujours.

    Et qu'est-ce que les vasanas ? Ne sont-elles pas des restes de désirs s’élevant des samskaras (*), comme les impressions des actions en chitta (intelligence universelle).

    « C'est une partie du système », dit le Professeur Batnagar quand nous en avons parle. « Il s'agit de détruire toutes les idées préconçues, et toutes nos croyances qui proviennent de la connaissance livresque et de l’étude. Il se peut que quelques-unes de ces idées trouvent leur confirmation plus tard, mais alors elles seront une expérience vivante ; non plus une connaissance livresque. »

    Si j'ai bien compris un Saint souhaite vous donner quelque chose, et des qu'il vous regarde, le karma ne peut plus vous atteindre. Il fait ce qu'il veut, il peut donner quiconque ses capacités, selon son gré. Les karmas sont destinés aux gens ordinaires qui sont sous l'influence de la loi des causes et des effets ; mais pas guides par des Saints. Les gens ne s'abandonnent pas, on les amène a s'abandonner. Si je peux me permettre un conseil, mettez tous vos doutes et soucis en chambre froide et laissez-les la. Ils disparaîtront un jour, et vous verrez tout ça d'un regard neuf. Ne posez plus de questions ».

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    (*) Impressions des actions dans l'Esprit Universel qui conduisent la roue de la renaissance.

    p. 140

    11 Avril

    Le soir, je le questionnai et appris que la pulsion sexuelle n’était pas réveillée par lui, et son pouvoir, comme je le croyais, mais était latente, en une sorte de vasana puissant. « Les anciens karmas constituent une partie du sang (*). C'est en vous. Ils vous auront ramenée de plus en plus en arrière. Mais, des a présent, ça va se briller de soi-même. De temps en temps, vous allez sentir ce feu dans votre corps. Cette souffrance est un feu purifiant, et vous en avez encore beaucoup besoin. »

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    (*) Les souvenirs inconscients sont emmagasines dans la circulation du sang. CG JUNG (Memories Dreams reflections).

    p. 145

    Bien, pensai-je, ce n'est pas une perspective réjouissante pour ne pas dire autre chose.

    « Lorsque vous rencontrez votre Guide Spirituel, c'est en principe votre dernière vie attachée au karma. Ensuite vous êtes supposée être libre pour aller où le Maître vous envoie. Il y a de nombreux plans à part celui de la Terre où on peut servir. Les disciples doivent être libres. Et si le Maître est puissant, il les amènera à travers les trois plans. Mais l'abandon et l'obéissance absolue sont requis ».

    p. 146

    « Ceux qui se disent des Âmes Réalisées, ne le sont pas. Cela ne se dit jamais. Un Wali (saint soufi) est une personne équilibrée. Il sait que ce monde n'est pas mauvais, et qu'il doit vivre dans deux mondes à la fois ; le spirituel et le physique, durant sa vie sur la terre. Il n'y a ni bien, ni mal pour lui ; le bien et le mal sont des concepts relatifs. »

    « Mais je vous ai souvent entendu condamner les choses de ce monde ! »

    « Parce qu'on doit parler comme ça aux gens ordinaires » dit-il en riant. « Sinon, comment sauraient-ils que courir et se passionner pour les possessions terrestres est néfaste ? Mais pourquoi s'embêter à comprendre cela rationnellement ? L'important est de les réaliser. Seules les choses que nous comprenons à travers les réalisations sont réellement à nous. »

    Et plus tard, je dis : « D'après ce que j'ai compris, avant d'avoir rencontré un maître ou un wali, karma fonctionne, mais dès que le wali vous prend en mains, karma n'est plus valable. »

    « Pas immédiatement ; mais peu à peu, avec le désir qui disparaît, karma disparaît aussi ; et un autre ensemble de karma agit. On fabrique d'autres karmas qui nous attachent au Maître et qui nous amènent à la Réalisation. »

    p. 200

    Si vous croyez au karma, vous souffrez pour lui. Ne croyez-vous pas que les mauvaises actions du passé doivent s'acquitter jusqu'au bout par la souffrance ? »

    « Par ailleurs, si vous ne croyez pas au karma, où est-il ? »

    « Mais ne dites-vous pas vous-même que ce niveau terrestre n'est pas le pire Loka, car on peut y créer le karma ? Alors, ça existe ou non le karma ? Je posai cette question, très embarrassée. « Ne répétez pas ce que j'ai dit », répliqua-t-il sévèrement. « Moi-même je n'ai pas foi en des choses comme le karma ; c'est un non-sens. Et vous ne me suivez pas si vous avez des croyances contraires aux miennes ! »

    p. 214

    30 Août

    En essence, ça se réduit à « Ta Volonté sera faite et non la mienne. » Où est le karma, alors, si on n'est plus celui qui agit ? Abandonner la croyance du karma... Je réalisais que c'était la dernière croyance à laquelle je m'accrochais ; elle expliquait si bien l'ordre et la justice du monde. Mais supposons que l'Univers créé soit au-delà de la justice, et de l'ordre, comme nous le pensons ? Alors ?

    J'en étais toute retournée. Il me dépouille de toutes mes croyances ! Sans rien épargner. Celle-ci était la meilleure, la dernière, la plus logique des croyances, toutes les autres, je les avais perdues en chemin... Je ne sais pas à quelle sorte de Dieu il croit au fond, ou s'il croit même. Absurde ! C'est à cause de l'entraînement, qu'il parle comme ça. Tous les hindouistes croient au karma; ils doivent y croire. Mais apparemment, c'est là que se situe mon erreur : il dit qu'il ne croit pas au karma, bien qu'il soit hindouiste de naissance. Je sais aussi que si vous demandez à un sadhu, ce qu'il pense du travail de karma, il vous répondra : « Le karma est bon pour vous, mais pas pour moi ».

    Une grande peur s'empara de moi ; que restera-t-il si toutes les croyances tombent ? Seul l'amour restera.

    p. 215

    Soudain, claire comme le cristal, une pensée traversa mon esprit : une croyance adoptée peut bien être abandonnée ; après tout, on ne naît pas avec l'idée du karma. On l'accepte ; et ce qui a été accepté peut être rejeté : c'est ainsi qu'est fait l'esprit...

    p. 216

    7 Novembre

    « Karma est destiné aux hommes qui ont été capturés par Lui ? » Je le regardais en essayant de comprendre.

    « Seuls ceux qui sont déjà au-delà du karma, ont le droit de rechercher les lois du karma. C'est seulement lorsque vous avez atteint un certain stade que vous avez le droit de vous informer sur les Lois de la Nature.

    Pendant que nous sommes soumis aux lois du karma, il vaut mieux les laisser tranquilles, autrement, nous n'agirions sûrement que pour obtenir des bons résultats du karma. Cela voudrait dire que le moi réapparaîtrait au plus haut niveau. Nous pouvons planter de la mauvaise herbe, mais il nous est impossible de l'extirper. Nous ferions le bien pour le seul intérêt de le faire ; mais pas pour obtenir un bon karma. »

    p. 238

    Après tout, les Pères de l'Église n'étaient-ils pas très avisés en supprimant toutes les idées de réincarnation ? Sinon, autrement, nous ne ferions pas d'effort dans cette vie ! Pourquoi penser à plus tard ? Seul le moment de MAINTENANT compte ; le futur est bien loin... C'est vrai que nous travaillons tous pour le futur, finalement, qu'y-a-t-il d'autre ? Sinon vous ne seriez pas là. Ne pensez qu'à MAINTENANT, oubliez DEMAIN. »

    p. 255

    « Qu'est-ce que ahimsa ? » a demandé le français Philibert l'autre jour.
    « Le vrai ahimsa ne peut pas vraiment être pratiqué sur le plan physique ; pas complètement du moins et pas par tout le monde. Que se passe-t-il dans les régions où rien ne pousse et que les gens doivent trouver de la viande ou du poisson à manger ? Les insectes que nous écrasons sans le savoir sous nos pieds, les germes que nous avalons et détruisons sont la vie, aussi. Ce que nous devons pratiquer c'est l'ahimsa mental et nous devons le vivre entièrement.
    Ne pas tuer des êtres vivants n'est qu'une conception brute d'ahimsa, car c'est bien davantage. Le vrai ahimsa c'est de ne pas nuire aux sentiments des autres, ni à soi-même. C'est ne pas faire de mal aux autres, et ne pas faire de mal à soi-même ».
     « Comment peut-on nuire à nos propres sentiments ou faire du mal à soi-même ? » voulut savoir le Français.
    « Vous nuisez à vos propres sentiments en vous créant des habitudes. Si, par exemple, vous aimez boire du thé, et ne pouvez pas vous en procurer, vous souffrez, n'est-ce pas ? Alors vos sentiments sont touchés par l'habitude créée. Ne jamais, jamais nuire aux sentiments de personne et ne jamais créer d'habitudes dans le vrai ahimsa, voilà ce qu'il faut faire. En créant des habitudes, nous nous emprisonnons nous-mêmes ; emprisonnement est limitation. Et limitation est douleur ».
    p. 164

    « L'abîme de feu », Irina Tweedie, Édition L'Originel © 2002

    http://www.babelio.com/livres/Tweedie-Labime-de-feu-Lenseignement-dun-maitre-soufi/681143

    (ajout de note du 27 janvier 2015)

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    Conscient de ma propre "indigence humaine", même si quelques compréhensions de la dimension de l'Être ou Esprit non-duel fondamental m'habitent parfois, n'ayant point de réelles expériences vécues à ce sujet, n'étant sans doute guère convaincant pour autrui, échoué sur un rivage après tempête, je regarde la Vie se mouvoir, se dérouler et s'enrouler, vagues après vagues sur l'horizon à perte de vue ... rien de plus.

    « Itinéraires étoilés »

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