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Camisard - Page 3

  • Assise 27 octobre 1986

    1228235677.3.jpghttp://www.babelio.com/livres/Pelt-Dieu-de-lunivers-Science-et-foi/41756

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    Bien que ce « discours-papal » soit du point de vue où je me situe largement très "tendancieux" au regard des autres traditions, qui nourrissent les mêmes prétentions fort probablement, Assise a eu au moins le mérite d'exister !

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    http://www.babelio.com/livres/Onfray-Le-reel-na-pas-eu-lieu/594238

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     Les racines de ma vie spirituelle ce sont fondés dans la tradition Chrétienne de part mon enfance, et trouvèrent un développement profond dans sa lecture contemporaine de la vie de Jésus le Christ, dans le parcours  de Marcel Légaut, en particulier aux travers d'un premier ouvrage en 1971 « L'homme à la recherche de son humanité »* alors que j'étais un jeune homme célibataire ; vint plus tard dans les années 90 « Un homme de foi et son église », que m'avait remis l'abbé Lherm de Notre-Dame de Rocamadour, lors du baptême de notre quatrième et dernier enfant, une jolie fille, le 29 octobre 1989.

    http://www.babelio.com/livres/Legaut-Lhomme-a-la-recherche-de-son-humanite/63479

    http://www.babelio.com/livres/Legaut-Un-homme-de-foi-et-soneglise/63480

    * (qui n'a pas éveillé la moindre attention et réflexion de la part de T. J. K.  à qui je l'ai offert en août 1990, afin d'engager une « communion » à ce sujet, [ayant eu les bénédictions de Khyabjé Dilgo Kyentsé en sa présence précédemment], mais celui-ci (T.J.K.) aux arguments bancroches, avait la déloyauté consommée jusqu'à la moelle, ses préoccupations étant probablement ailleurs... et beaucoup plus temporelles, intéressées et "clanique"(1) ! L'aspect ironique des choses fut qu'il s'est rendu avec son frère T.P.W. [De. et Ar. Desjardins ayant bien connu leur père K.R.] à Notre-Dame de Rocamadour dans ces années là ! Notre existence est vraiment faites de quiproquos fantaisistes...! Cependant les échéances arrivent inexorablement ! Elles commenceront à être fixées dans ces prochains mois pour ce qui nous concerne du moins... VINCIT OMNIA VERITAS, souhaitons-le !

    T.J.K. du joyeux "triumvirat" des "gentils directeurs-despotes" prolixe d'appel à l’obéissance qui leur est due, eu égards à leurs fonctions de religieux, mais fort peu enclin à faire preuve eux-mêmes de leur propre obéissance quand au Maitre Vajra défunt que nous avions en commun. Il est vrai que les "cadres héritiers désignés" en place sont d'une autre envergure que le citoyen lambda des contrées de notre pays de France ... mais bon, tout de même !

    (1) —  «... Tulkü Péma Wangyal* et Sogyal Rimpoché* , même si ils sont tous les deux Nyngmapa sont profondément différents, tant dans leur style propre que dans la manière dont ils diffusent le dharma. Le premier s'expose peu et son organisation est particulièrement discrète, voire fermé et élitiste(16) ... (note-16 : Ce qui d'ailleurs lui est reproché par plusieur bouddhistes. L'une d'elle, 61 ans, fidèle Kagyü depuis 1981, me fera cette remarque :" C'est très select et l'argent est un critère de sélection ". Entrevue personnelle, Paris, 2006.) »

    C'est devenu des "entités" au fil des ans d'une avidité incurable ! «Cupiditas humana» 

    voir « Maître dans la diffusion et la transmission du bouddhisme tibétain en France » de Cécile Campergue, pages 315 et 316, © 2012 ed.l'Harmattan

     http://www.babelio.com/livres/Campergue-Le-maitre-dans-la-diffusion-et-la-transmission-du-/644762

    - note du 27 octobre 2012)

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    Imprimé le 09/05/1986 sur les presses de Kagyu Yiga Tcheu Dzin éditions, 71320 Toulon sur Arroux.

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    Les ailes de la compassion
    François n'appartient à aucune religion. Le “Dieu” qu'il sert n'est pas un dieu séculier. Petit pauvre, il a passé une grande partie de sa vie d'apôtre à batailler avec l'Église et avec ceux de ses frères qui défendaient l'établissement de son ordre parmi les puissants de la Foi. Sa règle préférée eût été qu'il n'y en eût pas. Élie* et ses frères se chargèrent de rétablir la raison dans ses prérogatives, mais la flamme qu'il a allumée dans les cœurs ne s'éteindra qu'avec la disparition de l'espèce humaine.
    Ni Dieu, ni la religion ne sont nécessaires pour suivre le chemin ouvert par François d'Assise.
    ---
    (* Élie de Cortone religieux italien du XIIIe siècle)
    p. 152
    « Le Cœur des autres », Une biologie de la compassion,  Jean-Didier VINCENT, éd. Plon © - 2003

    2003http://www.babelio.com/livres/Vincent-Le-coeur-des-autres--Biologie-de-la-compassion/265569

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    Loué sois-tu, mon Seigneur,
    pour frère vent,
    et pour l'air et les nuages,
    et pour le ciel serein et tous les temps
    par lesquels à tes créatures
    tu assures la subsistance.
     
    Loué sois-tu, mon Seigneur,
    avec toutes tes créatures,
    spécialement messire le frère soleil :
    il nous donne le jour
    et par lui tu nous illumines.
    Et il est beau et rayonne avec grande splendeur :
    de toi, Très-Haut, il est le signe.

    Loué sois-tu, mon Seigneur,
    pour sœur lune et les étoiles :
    dans le ciel tu les as créées
    claire, précieuses et belles.

    Loué sois-tu, mon Seigneur,
    pour sœur eau,
    qui est très utile et humble
    et précieuse et “chaste”*

    Loué sois-tu, mon Seigneur,
    pour frère feu,
    par qui tu illumines la nuit :
    et il est beau et joyeux
    et robuste et fort.

    Loué sois-tu, mon Seigneur,
    pour notre sœur et mère la terre,
    qui nous soutient et nous nourrit :
    elle produit des fruits variés
    avec des fleurs colorées et de l'herbe.

    ---
    * étymologie grecque : “pure”

    « Le Cantique des créatures » François d'Assise (Frank Missant - éd. Albin Michel © - 2001)


    http://www.babelio.com/livres/Missant-Le-Cantique-des-creatures-de-Francois-dAssise/140130

    http://www.babelio.com/livres/Le-Goff-Saint-Francois-dassise/64296

    http://www.babelio.com/livres/Cheng-Assise--Une-rencontre-inattendue/663355

    Parfois, ce qui se murmure en nous
    Devient audible. Nous entendons
    Alors tant et tant d'autres murmures
    Chez les vivants et les morts, depuis
    La nuit des temps, disant un secret
    Lancinant jamais éclairci, basse
    Continue de la Voie qui seule sait.
    p. 49

    L'invisible contemple,
    Mais ne dit pas mot ;
    L'invisible ressent,
    Mais ne dit pas mot.
    Parfois, trouant la mémoire,
    Il nous réveille
    Par un furtif geste.

    La brume levée, le paysage
    Un instant révélé : Appel d'une prairie fleurie ?
    Rappel d'une cascade cachée ?
    Nous entendons pousser en nous
    Le cri d'un geai,
    Sans trouver le mot.
    p. 78

    Mais nous reverrons bien ceux à qui nous n'avons pas dit à temps au revoir,
    Ceux qui sont partis sans dire mot dans le long effroi du délaissement.
    Nous les reverrons, car nous n'aurons de cesse de leur dire les mots qui n'ont été
    Dits à temps, de leur répéter sans fin au revoir au revoir selon la loi de la Vie :
    Toute fleur est une fleur refleurie, toute pluie une source retrouvée, toute larme
    Une peine ravivée, tout visage un regard reconnu, tout sourire un don échangé,
    Et toute vie à venir une vie à jamais survécue-souvenue.
    p. 94

    «La vraie gloire est ici », François Cheng, éd. Gallimard © - 2015

    http://www.babelio.com/livres/Cheng-La-vraie-gloire-est-ici/779111

     

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    John Pretty on Top

    http://www.babelio.com/livres/Powers-La-religion-des-Sioux-oglala/129890

    http://www.babelio.com/livres/Mails-Fools-Crow/270878

    http://www.babelio.com/livres/Crossman-Hozho-peintures-de-guerison-des-Indiens-Navajo/311030

     

    ... Vous verrez toutes choses surgir et disparaître et, de cette vision, naîtront la sagesse et la compassion. »

    La description d'Achaan Chah est à la fois littérale et métaphorique, et cette image d'une place unique que l'on prend évoque deux aspects apparentés du travail spirituel. Extérieurement, elle signifie que l'on choisit, parmi toutes les possibilités, une pratique et un instructeur spécifiques et, intérieurement, elle traduit la détermination de persévérer dans cette pratique jusqu'à ce que l'on parvienne à une compréhension et à une clarté véritables, quels que soient les doutes et les difficultés qui se présentent.

    A toutes les époques, les grandes traditions spirituelles ont proposé divers véhicules pour atteindre l'éveil. Parmi ceux-ci, on trouve les disciplines corporelles, la prière, la méditation, le service désintéressé, les pratiques rituelles et dévotionnelles, voire certaines formes modernes de psychothérapie. Tous visent à nous faire mûrir, à nous faire assumer la responsabilité de notre vie, et à nous aider à porter un regard neuf sur les choses en développant le calme mental et la force du cœur. Pour entreprendre l'une ou l'autre de ces pratiques, il faut s'engager sincèrement à mettre fin au conflit, à cesser de fuir la vie. Chacune d'elles nous ramène au présent dans un état de conscience plus clair, plus réceptif, plus honnête -,mais il nous faut choisir.

    En choisissant parmi les différentes pratiques qui nous sont proposées, nous sommes souvent amenés à rencontrer des personnes qui essaient de nous convertir à leur voie. Chez les bouddhistes comme chez les chrétiens ou les soufis, on trouve des gens qui se disent régénérés par leur foi. Chaque religion a ses missionnaires qui maintiennent que la voie qu'ils ont découverte est la seule qui mène à Dieu, à l'éveil, à l'amour. Cependant, il est extrêmement important de comprendre qu'il existe de nombreuses façons de gravir la montagne - il n'y a pas et il n'y aura jamais une seule et unique voie juste.

    Jack Kornfield, "Périls et promesses de la vie spirituelle", pages 66 et 67.

    http://www.babelio.com/livres/Kornfield-Perils-et-promesses-de-la-vie-spirituelle--Un-che/165635

     

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    "Fresque"* de l'église abbatiale de Notre-Dame de Trappe des Neiges (Ardèche - 07)

    de Guy Fontalavie

    * Neuf panneaux muraux ont été réalisés

     

    « Christ vivant en nous, présent dans le non-temps, pardonnez, ils savent très bien ce qu'ils font, mais n'en saisissent nullement la portée, ni les fruits !»

    (note du : 14 juin 2013)

    LE CHRISTIANISME AUJOURD'HUI

    Les milieux chrétiens montrent aujourd'hui deux attitudes nettement contradictoires en ce qui concerne la découverte des spiritualités vivantes de l'Asie. L'une est une attitude de très grand intérêt et de très grande tolérance. Le trappiste Thomas Merton en est le plus célèbre exemple mais, à cet égard, nous Français, pouvons citer les cas du Père Montchanin et surtout du Père Le Saulx, qui, tout en demeurant moine bénédictin, est allé aussi loin que possible dans la compréhension de l'hindouisme et pour qui le choc de la rencontre des deux traditions a été bouleversant. Nous savons aussi que beaucoup de membres de divers ordres religieux lisent des livres sur l'hindouisme et le bouddhisme, que certains pratiquent ouvertement le yoga ou le zazen. Je connais personnellement plusieurs dominicains, par exemple, avec qui je suis ou j'ai été en relation assez étroite et qui ont beaucoup approfondi ces techniques d'ascèse orientales. Dans cette même ligne d'ouverture, on peut citer la déclaration du Concile de Vatican Il sur les religions non chrétiennes (il y a à Rome un secrétariat pour la rencontre avec les grandes religions de l'humanité) et le rassemblement œcuménique d'Assise pour la paix auquel participait le pape actuel.
    Pourtant, il y a en même temps dans l'Église, c'est visible à bien des signes, un durcissement à l'égard de l'intérêt que des chrétiens portent aux religions orientales. Récemment, le Secrétariat pour la Foi a publié un communiqué qui engage le Vatican et qui met sévèrement en garde les chrétiens contre la pratique du zazen ou du yoga. Tant et si bien qu'il revient souvent à mes oreilles que dans tel monastère en France on recommande à des jeunes « en recherche » qui y font une ...
    p. 11
    … retraite la lecture des livres d'Amaud Desjardins et que dans d'autres abbayes on déconseille formellement ou même on interdit la lecture de ces livres. Alors que pour certains catholiques, y compris des religieux avec qui je suis en correspondance, ces ouvrages représentent un apport spirituel bienvenu leur permettant d'approfondir certains aspects de leur propre ascèse dans les conditions du monde moderne, pour d'autres religieux le personnage Arnaud Desjardins et son œuvre sont une cause de souffrance. Ils m'accusent d'être un propagandiste d'idées erronées et — certains n'hésitent pas à employer cette expression — un ennemi de la vraie doctrine et de la vraie foi.
    ...
    Au cours de mes années de recherche — lectures, questions posées à des prêtres, des moines, et des maîtres appartenant aux différentes traditions de l'Orient — j'ai donc été confronté à deux attitudes : l'une intolérante, faite souvent d'ignorance, et l'autre ouverte, celle de ceux qui n'éprouvent nul besoin de protéger leurs convictions. J'aborde là un sujet grave et qui, pour moi, a été bien souvent douloureux, celui des discordes entre êtres humains qui se réclament tous de la spiritualité et affirment tous la transcendance de l'esprit par rapport à l'existence physique et psychique. Quand on nous propose comme réponse à l'absurdité de la vie et à la souffrance la Vérité avec un V majuscule, il est cruel de constater que les tenants de cette vérité et de cette réponse ne sont pas d'accord entre eux. Ils sont peut-être munis d'un titre de shastri en Inde ou de théologien en France mais dans quelle mesure ont-ils mené à bien une transformation profonde de leur être même ? Pour parler avec une telle autorité, sont ils libres de leur inconscient, de leurs émotions, de leur égocentrisme ? On peut être docteur en théologie et se trouver moins avancé spirituellement qu'un frère convers très ignorant sur le plan doctrinal ou philosophique.
    p. 17
    A l'époque où je ressentais cruellement ce déchirement j'ai été, si l'on peut dire, sauvé par le maître des novices d'une abbaye de trappistes qui faisait autorité dans le monde cistercien à cause de ses travaux éminents sur les Pères de l'Église. Ce moine, théologien et prêtre, était donc qualifié pour que j'accorde un réel crédit à ses paroles : «  Dans chaque tradition, m'a-t-il dit, vous retrouverez le même symbole d'une eau source de vie, l'eau qui désaltère vraiment. Les contemplatifs, les ascètes, les mystiques de toutes les religions, sont penchés sur cette même source, tellement absorbés dans le fait d'en boire qu'ils n'ont pas le temps de discuter à son sujet. Et puis, suffisamment en retrait pour être sûrs qu'aucune gouttelette ne risque de les éclabousser, les théologiens de toutes les religions, sans avoir bu une seule gorgée de cette eau, discutent inlassablement pour savoir si celle-ci est alcaline, minérale, sulfatée, magnésienne ou si elle contient trop de nitrates. »
    Cette réponse m'avait bouleversé, il y a bien des années de cela. Et ce père a ajouté ces paroles qui ont achevé d'apaiser mes doutes : «  la théologie catholique me permet de dire, sans me mettre en tort vis-à-vis d'elle, que bien avant la naissance de Jésus de Nazareth mais également depuis sa naissance, des hommes, des...
    p. 22
    ... femmes qui n'ont jamais entendu parler de Jésus, jamais connu les enseignements ou les rites catholiques, ont eu une expérience intérieure du Christ, seconde personne de la Trinité, à laquelle rien ne manque. » Cette affirmation est effectivement justifiable du point de vue chrétien et elle a été soutenue depuis les premiers siècles.
    Je me disais d'ailleurs souvent à cette époque : de toute façon je ne peux pas être en porte-à-faux avec le christianisme si je cherche vraiment la vérité car ou bien le Christ est la vérité et en cherchant la vérité je trouverai forcément le Christ ou bien le Christ n'est pas la vérité, et ce sont les tenants des autres religions qui ont raison — à moins que ce ne soient les athées — auquel cas je dois le voir en face.

    Arnaud Desjardins et Véronique Loiseleur, extrais de, « En relisant les évangiles », Éditions La Table Ronde © 1990

    http://www.babelio.com/livres/Desjardins-En-relisant-les-vangiles/217251

    ________________________________

    Nous avons décidé de mettre en lecture ces correspondances qui datent de 1990, de Frère Michel Serpette, ermite chrétien qui vivait à l'époque au lieu dit Vaysse sur la commune de Lherm entre Cazals et Catus dans le Lot.
    Ces documents rendent compte d'une période de spiritualité pure  très féconde de ce qui se passait autour de Khyabjé Dilgo Kyentsé en Dordogne à la Sonnerie, près de St Léon-sur-Vézère.
    Nous avons rencontré Frère Michel en ces lieux durant tout l'été 90, nous avons poursuivit nos échanges et nous nous sommes revu ultérieurement à son ermitage dans le Lot où nous habitions aussi vers Rocamadour.
    Bien que nous nous soyons perdu de vue dans les douloureux évènements qui suivirent dans mon existence, il m'apparait aujourd'hui que dans le cadre de ce qu'est devenu ma vie, cela ne soit pas dénué d'intérêt et du reflet de ce qui se vivait dans ces périodes combien précieuses !

     

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    Note du 06 XI 2013

  • Religion tibétaine et politique par Samten Karmay

    080913122242Y6.jpgLes Tibétains sont fiers d'une tradition qu'ils pensent n'appartenir qu'à eux-mêmes, "l'alliance de la religion et de la politique" (chosi zungdrel). Ce concept existe depuis longtemps dans l'histoire du Tibet. Mais beaucoup d'autres pays présentent des traditions similaires. Des pays comme la France ou le Japon n'ont introduit la notion de séparation de l'église et de l'état dans leur législation que depuis le début du XXème siècle. Ce qui a fait naître l'idée que la pratique d'une religion est une question de foi personnelle, non une obligation imposée par l'état. Le chemin vers la laïcisation est lent, mais il poursuit sa route inexorablement. Beaucoup de pays à travers le monde se modernisent et adoptent un état laïc.

    Pour ce qui nous concerne, la réunion politique qui a eu lieu à Dharamsala les 3 et 4 mai 2008, mise à disposition sur Youtube, a de quoi nous alarmer. Elle était présidée par le Dalaï Lama. Chacune des écoles religieuses tibétaines y était représentée par son chef. L'un des thèmes abordés concernait le problème des toulkous, les lamas réincarnés. La conclusion des débats n'a pas été retransmise. Aucun laïc n'a pris part à cette réunion, ne parlons même pas d'une femme. On est en droit de se demander où est passée la fameuse démocratisation de la  communauté tibétaine en exil en Inde.

    La séparation de l'église et de l'état n'implique pas l'abandon de la religion établie. Au contraire, la pratique religieuse devient libre. Chacun a le droit de choisir, à son niveau personnel, entre suivre une religion ou non. Cette séparation implique en outre la neutralité de l'état, pour tout ce qui ne concerne pas la religion. Dans le cas du Tibet, il n'y aurait pas de différence de statut entre les traditions bön, nyingma, sakya, kagyu ou gelug, chrétiennes ou musulmames. Les institutions gouvernementales et religieuses seraient indépendantes l'une de l'autre et non pas imbriquées, comme dans la tradition politique tibétaine.

    Un état laïc reste neutre face aux aspects religieux. Il n'apporte pas son soutien ou ne s'oppose pas à telle ou telle école et ne favorise pas un citoyen de par son appartenance religieuse.

    (Traduction personnelle)

    Ajout de note du 12 février 2014

    6. Le suicide dans la tradition bouddhiste.

    Le terme spécifique désignant le suicide en tibétain, cheb, porte la connotation de a « se jeter dans l'abîme », façon traditionnelle de disposer de soi-même. Cependant ce mot est rarement utilisé dans la langue classique et inconnu dans la langue vernaculaire. Bien qu’il y ait peu d’études précises sur ce sujet, il semble que le suicide soit une pratique assez rare au Tibet bouddhiste. Cela est logique dans le contexte, car le corps humain est conçu comme une demeure précieuse, une chance rare de pouvoir entendre l’enseignement libérateur du Bouddha. L’existence est douleur, la douleur est due à l'attachement, dû lui-même à notre ignorance de la
    nature de l’existence. La mort n’entraîne qu’une autre vie, fondée ...
    (p. 287)
    … de nouveau sur l'ignorance et la douleur. Il n’existe aucune échappatoire à notre karma, à la loi des actions et de leurs conséquences. Seule l’illumination permet de se libérer du cycle de samsàra. Le suicide ne procure donc aucune évasion.
    La notion même de suicide par désespoir impliquerait un attachement tenace à soi-même ou quelque autre passion. En revanche le suicide comme « signe suprême de la liberté humaine », par lequel l'homme « échappe à la contingence radicale de la condition humaine » en décidant [lui-même] du moment et de la modalité de [sa] propre mort » se traduit, dans la tradition tibétaine, en une pratique maîtrisée, un comportement rigoureux et de longue durée, aboutissant au « transfert volontaire du principe conscient » (p'owa), au moment choisi de la mort.
    Le suicide peut être également un moyen (th’ab) d’aider les êtres, tels les exemples donnés dans les jàtaka. Cela fait partie intégrante du comportement du bodhisattva, être éveillé et entièrement dévoué au bien-être et à l'illumination de tous. Ainsi, il peut mourir volontairement, comme le fit, selon les Tibétains, le treizième dalaï-lama qui, mécontent du comportement indigne de ses sujets, voulut leur marquer sa réprobation.
    Cependant, le suicide de Gedun Ch’omp’el, comme sa vie, semble s’écarter du contexte traditionnel. La cause directe de sa mort est sans équivoque l'alcoolisme. À partir de sa libération, son comportement suggère une volonté d'autodestruction. Selon J. Baechler, « l'alcool agit sur des personnalités déjà fragiles. Il a pu précipiter une évolution, il ne l’a certainement pas déterminée ». Dans le cas de Gedun Ch’omp’el, il s’agit d’un suicide tendanciel, d’une destruction progressive du sujet*. Suivant toujours J. Baechler, le suicide est « un comportement plutôt qu’un acte limité », une « affaire personnelle et individuelle par excellence : exprimant toute personnalité affrontée à une situation particulière », qui produit « une réponse logique à un problème ».
    Où résidait donc la fragilité du « mendiant amdowa » ? Réhabilité, courtisé par les grands du « Pays des Neiges », entouré de disciples, de jeunes nobles progressistes, il n’avait plus de soucis matériels. Comme le dit Rahul, le moment était venu pour lui de commencer à concrétiser son engagement. Mais il avait servi de bouc émissaire, subi des sévices humiliants, constaté la disparition injuste de ses précieux documents, élément central dans sa conception du nouveau Tibet. Tout cela, après s'être forgé, au long des douze années d’exil en Inde, l'image de « quelqu’un qui serait utile pour le Tibet », un Tibet moderne, mais profondément tibétain, dont il rêvait sans pouvoir communiquer son rêve à ses compatriotes.
    (p. 288)
    Dans la société bouddhiste, le désespoir, le dégoût de la vie sont canalisés, ils deviennent un puissant instrument d’éveil spirituel. L'objectif de Gedun Ch’omp’el était en revanche l’éveil politique des Tibétains. Il se rendit finalement compte que ceux-ci n’étaient pas prêts, que la majorité d’entre eux était foncièrement opposée à tout changement et ignorait le danger imminent. Parmi les élites, ceux qui tentèrent d’améliorer les perspectives politiques du pays cherchaient à se servir de lui pour se maintenir au pouvoir. Ses rapports avec sa société, dont il était Potage, devinrent insupportables. Par-delà le rôle de lama érudit et vénéré qui lui fut imposé, il tenta de communiquer son message. Seuls quelques-uns étaient capables, de par leur expérience personnelle du monde, de l’écouter, mais ils ne détenaient aucun moyen d’agir face à l’imposant édifice religieux, face à l'égoïsme de la noblesse. Il vécut l’effondrement, l'un après l'autre, des projets de changement politique, élaborés par ses amis devant l’aveugle résistance du gouvernement.
    Il avait consacré sa vie à la transformation de la société. La société le méconnut, le refusa. Le rêve du révolutionnaire s’effrita autour de lui. Il était isolé, peut-être de par sa naissance, de par sa naïve franchise et la grandeur même de son esprit, de par sa triple identité : de savant profondément versé dans sa tradition, de « saint fou » détaché du monde, et d’esprit moderne et critique. Il était « ivre d’avoir bu tout l’univers ».

    7. L’homme Gedun Ch'omp ’el.

    Dans la perspective de situer Gedun Ch’omp’el à l'intérieur du contexte tibétain, doivent être pris en considération la richesse de sa personnalité, les divers rôles qu’il joua et les périodes successives de sa vie. Si les descriptions et les récits contradictoires abondent à son sujet, cela tient tout autant aux milieux culturels différents auxquels appartiennent les témoins qu’à la complexité même de l'individu et à sa capacité d’adapter son discours aux besoins et aux intérêts de son interlocuteur.
    Parmi les traditionalistes, on distingue deux groupes : les disciples religieux, qui le considèrent surtout comme un maître illuminé, non soumis aux considérations politiques et mondaines, et les gelugpa orthodoxes, qui réfutent sa position philosophique et se sentent offensés par sa critique de la tradition. Ces derniers sont par définition hostiles à. la laïcisation du système politique, ainsi qu’à la forte tendance à l'individua1isme qu’il manifestait.
    (p. 289)
    " Le Mendiant de l'Amdo", Heather Stoddard Karmay

    http://www.babelio.com/livres/Stoddard-Le-mendiant-de-lAmdo/560024

    http://www.angrymonkthefilm.ch/fr/a_propos/index.shtml

    http://www.babelio.com/livres/Chpel-Les-Arts-tibetains-de-lamour--Sexe-orgasme-et-gu/360301

    (* Dans le même ordre d'idée de comportement, nous avons à l'idée bien entendu de la fin de vie  controversée de Chögyam Trungpa (4 avril 1987), très proche de Dilgo Khyentsé, dans ses démêlés d'avec le "sieur Akong" (assassiné le 08 XIII 2013 pour des raisons financières obscures et crapuleuses ...) éminence grise du Taï-Situpa, ainsi que ses distances en rupture d'avec le monachisme des "tulkü", et de sa Lignée  d'origine de la Kamsang-Kagyu.

  • La constitution démocratique du Tibet

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  • L'institution des Dalaï lama

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